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Des intellectuels veulent un moratoire sur les oléoducs et les sables bitumineux

25/06/2014 08:43 EDT | Actualisé 25/08/2014 05:12 EDT

Le Canada doit imposer un moratoire sur les nouveaux projets impliquant les sables bitumineux et la construction d'oléoducs, affirme un groupe d'intellectuels canadiens et américains.

Dans une lettre ouverte publiée dans l'important magazine scientifique «Nature», ceux-ci affirment que les autorités canadiennes doivent cesser d'adopter une approche projet par projet et commencer plutôt à considérer le dossier dans son ensemble.

Les auteurs écrivent que les gouvernements «ont permis aux entreprises de tirer profit des décisions au cas par cas». Selon eux, le coût collectif qui résulte de ces décisions est «inutilement élevé au niveau social, économique et environnemental».

Les gouvernements ressemblent maintenant à un fumeur qui, croyant que la prochaine cigarette ne devrait pas lui être fatale, estime qu'il peut toujours en griller une autre, croit l'économiste Mark Jaccard de l'Université Simon Fraser, l'un des huit coauteurs de la lettre.

Pour son confrère Thomas Homer-Dixon, de l'Université de Waterloo, les gouvernements doivent commencer à assembler les pièces du casse-tête. À ses yeux, même ceux qui sont en désaccord avec leur position doivent reconnaître que la planète subit des changements, et qu'au cours des prochaines décennies, «il y aura une transition qui laissera les hydrocarbures derrière».

À travers le monde, des modèles économiques et climatiques laissent penser que l'utilisation des carburants à haute teneur en carbone, comme le pétrole tiré des sables bitumineux, ne pourra plus croître si les changements climatiques doivent être gardés sous contrôle, estime M. Jaccard.

Il n'est pas nécessaire de mettre la clé sous la porte des sables bitumineux; il faut simplement freiner leur expansion rapide, poursuit-il.

«Vous n'avez pas besoin de perdre des emplois en Alberta», ajoute M. Jaccard.

L'article réclame également l'imposition d'un prix sur le dioxyde de carbone qui limiterait les projets à fortes émissions. Les auteurs affirment aussi que les gouvernements ont besoin de meilleurs outils réglementaires pour maintenir l'équilibre entre le développement, l'environnement, la justice sociale et la santé. Le texte juge par ailleurs qu'une politique de coopération sur le carbone est nécessaire entre les États-Unis et le Canada.

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