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USA: Mexique et Amérique centrale pointés du doigt face à l'afflux d'enfants clandestins

24/06/2014 03:47 EDT | Actualisé 24/08/2014 05:12 EDT

Le Mexique et les pays d'Amérique centrale comme le Guatemala et le Honduras sont responsables de l'afflux de dizaines de milliers d'enfants clandestins aux Etats-Unis, ont accusé mardi des parlementaires américains, alors que la crise s'amplifie à la frontière Sud.

Entre octobre 2013 et fin mai 2014, les agents à la frontière ont interpellé plus de 47.000 mineurs non accompagnés qui tentaient d'entrer illégalement aux Etats-Unis, soit presque deux fois plus que le chiffre enregistré entre octobre 2012 et la fin septembre 2013. Les trois-quarts provenaient du Guatemala, du Salvador et du Honduras.

Le spectacle de milliers de clandestins arrêtés, en détention ou expulsés provoque une controverse à Washington, les républicains accusant l'administration de Barack Obama de laxisme et les démocrates déplorant une crise humanitaire, les lits venant à manquer dans les centres de détention.

Selon le représentant républicain Michael McCaul, élu du Texas, 250 enfants sont arrêtés chaque jour dans le secteur de la vallée du Rio Grande, la frontière naturelle entre Mexique et Etats-Unis. "Elles laissent faire", a-t-il regretté en référence aux autorités mexicaines, lors de l'audition du secrétaire américain à la Sécurité intérieure, Jeh Johnson, à la Chambre des représentants.

"Le Mexique, notre voisin et l'un de nos partenaires commerciaux les plus importants, se comporte si mal et de façon si déshonorante, qu'il se rend complice de trafic d'êtres humains", a déclaré la républicaine Candice Miller.

"Selon moi, il faut arrêter de leur donner de l'argent tant qu'ils ne prennent pas leurs responsabilités et laissent leurs citoyens émigrer illégalement aux Etats-Unis", a-t-elle dit. "Nous ne sommes pas un distributeur d'argent".

Le ministre Jeh Johnson a reconnu que le rôle du gouvernement mexicain était essentiel pour freiner l'arrivée de sans-papiers. "Le rôle du gouvernement du Guatemala est également clé", a-t-il dit, en annonçant qu'il s'y rendrait début juillet.

"Il s'agit d'une crise humanitaire mais aussi d'une crise de sécurité nationale pour notre pays, et je ne vois pas pourquoi nous devrions traiter ces enfants différemment", a estimé le représentant Mike Rogers. "Nous devons envoyer un signal à ces pays pour leur dire que ça ne marchera pas, qu'ils ne peuvent pas envoyer leurs enfants".

"Cette administration invite ces gamins, elle invite les migrants étrangers à venir dans ce pays", a accusé le conservateur Paul Broun.

Les républicains ont appelé le président Barack Obama à déployer la Garde nationale à la frontière sud-ouest du pays.

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