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Turquie: acquittement de 25 personnes accusées d'avoir comploté contre le régime Erdogan

24/06/2014 12:05 EDT | Actualisé 24/08/2014 05:12 EDT

Un tribunal turc a acquitté mardi vingt-cinq personnes rejugées après avoir été condamnées en 2012 à de lourdes peines de prison pour avoir tenté de renverser le gouvernement islamo-conservateur turc, a rapporté l'agence de presse Dogan.

La cour criminelle d'Istanbul a motivé ce verdict par l'absence de preuves tangibles contre ces accusés et a annoncé son intention de réexaminer les dossiers de 63 autres personnes condamnées une première fois dans la même affaire.

Ce nouveau procès a été engagé à la suite de l'annulation en octobre dernier des condamnations de 88 personnes, dont de nombreux officiers supérieurs, dans le cadre de ce dossier "Balyoz" ("masse" ou "marteau" en turc).

Son premier verdict intervient moins d'une semaine après un arrêt de la Cour constitutionnelle turque, la plus haute instance judiciaire du pays, qui a jugé inéquitable le procès Balyoz, à l'issue duquel plus de 300 militaires et civils s'étaient vus infliger des peines de douze à vingt ans de réclusion criminelle.

Dans la foulée de cette décision, ces militaires ont été remis en liberté.

Leur procès en 2012 avait suscité de très nombreuses critiques, qui avaient dénoncé l'impartialité des magistrats chargés de l'instruire et l'authenticité des preuves du complot ourdi contre le régime du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan.

M. Erdogan s'était alors félicité de ces jugements, qui concourraient à sa volonté de priver l'armée turque de son influence politique.

L'institution militaire a mené trois coups d'Etat depuis 1960 et provoqué la démission du premier gouvernement islamiste au pouvoir en Turquie, en 1997.

Mais en décembre, M. Erdogan avait surpris en ouvrant la voie à une révision de ces procès contre les militaires.

Ce revirement est intervenu alors que le gouvernement était empêtré dans un vaste scandale de corruption dont il soupçonne ses ex-alliés de la confrérie du prédicateur musulman Fethullah Gülen d'être à l'origine.

Certains des magistrats en charge des dossiers visant l'armée sont réputés proches de ce mouvement, à qui M. Erdogan a déclaré la guerre.

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