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Slaviansk, bastion insurgé dans l'est de l'Ukraine aux airs de ville fantôme

24/06/2014 02:14 EDT | Actualisé 24/08/2014 05:12 EDT

Maisons ravagées, fils de trolley-bus à terre, une poignée de civils dans les rues sur fond de tirs d'artillerie: à Slaviansk, l'un des fiefs de la rébellion séparatiste prorusse dans l'est de l'Ukraine, le centre-ville a des airs de cité fantôme.

A la périphérie de la ville, déjà théâtre de violents combats depuis avril entre les insurgés et l'armée dans cette région industrielle russophone, un hélicoptère militaire ukrainien a été abattu en vol mardi par des rebelles, faisant neuf morts.

Alors que la journée avait été calme à Slaviansk, les insurgés semblant respecter une annonce de cessez-le-feu faite la veille par l'un des chefs rebelles à Donestk, autre fief séparatiste, les tirs d'artillerie et coups de canon ont repris vers 17H30 locales (14H30 GMT), a constaté un journaliste de l'AFP.

"Ca s'est un peu calmé par rapport aux jours précédents. C'est le calme avant la tempête", lâchait un militaire, laissant entendre que les tirs redoubleraient à l'expiration vendredi d'un cessez-le-feu provisoire.

En fin d'après-midi les tirs, en direction notamment d'un quartier de Slaviansk déjà largement détruit lors de précédents combats, redoublaient toutefois d'intensité.

Lundi, Olexandr Borodaï, le chef de la république autoproclamée séparatiste de Donetsk, a fait volte-face en annonçant son accord pour un cessez-le-feu jusqu'à vendredi matin et pour l'ouverture de négociations de paix avec les autorités pro-européennes de Kiev.

Le président Porochenko avait ordonné vendredi à ses troupes un cessez-le-feu d'une semaine jusqu'au 27 juin pour permettre aux rebelles de désarmer. Mais les insurgés, qui ont revendiqué leur indépendance dans deux régions, avaient rejeté ces conditions en estimant qu'il ne s'agissait que d'un "stratagème".

- eau et électricité coupées -

A Slaviansk, une ville qui comptait près de 110.000 habitants avant le début de l'insurrection de séparatistes prorusses en avril, les rues du centre sont aujourd'hui livrées aux militaires après un exode massif.

Les seuls civils visibles mardi formaient une queue d'une soixantaine de personnes pour recevoir de l'aide humanitaire et alimentaire de première nécessité, comme des conserves ou des pâtes.

L'eau et l'électricité ont été coupées depuis le 8 juin dans la majeure partie de la ville et les communications téléphoniques sont aléatoires. Les habitants qui n'ont pas fui en Russie ou ailleurs en Ukraine s'approvisionnent en eau auprès de camions-citerne.

Trouver un magasin ouvert relève de l'exceptionnel. Seule la fabrique de pain fonctionne. Ici, une camionnette presqu'entièrement calcinée, là des traces de bombardements.

Certains quartiers sont plus touchés que d'autres. Dans l'un d'eux, une vingtaine de maisons d'affilée ont été détruites et l'on marche sur un mélange de gravats, débris de verre, vaisselle...

Et puis tout près, la fréquence des tirs qui redouble.

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