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La violence risque de se transformer en génocide en Centrafrique, prévient la Fédération internationale des droits de l'homme

24/06/2014 08:27 EDT | Actualisé 24/08/2014 05:12 EDT
Facebook/Banguinews

RABAT, Maroc - La violence religieuse qui frappe la République centrafricaine risque de se transformer en génocide et nécessite une réponse urgente de la part du gouvernement et de la communauté internationale, a prévenu mardi la Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH).

Le groupe détaille, dans un document de 88 pages, les atrocités commises par les deux camps et demande le retour d'un système judiciaire et pénal pour mettre fin aux violences et commencer à traduire en justice les responsables des massacres.

«Les leaders de la violence et les responsables de crimes contre la personne sont connus, nous avons des preuves, et le gouvernement et la communauté internationale doivent saisir cette occasion pour les arrêter et mettre fin à la violence organisée», a déclaré le directeur de la FIDH pour l'Afrique, Florent Geel.

La République centrafricaine a été plongée dans le chaos en mars 2013, quand des rebelles musulmans ont renversé le président François Bozizé. Plus d'un million de personnes ont depuis été déplacées par la violence qui met aux prises les rebelles et des milices chrétiennes.

«Séléka (rebelles) et anti-balaka (milices) se rejoignent et se ressemblent donc dans l’horreur dans un conflit de la pauvreté qui, fait insolite, fait plus de morts que de blessés», peut-on lire dans le rapport, qui a été compilé par deux enquêteurs entre l'été 2013 et février 2014.

Les enquêteurs de la FIDH ont déterminé que les milices sont souvent dirigées par d'anciens membres de l'armée et organisées par des politiciens proches du président déchu.

Malgré l'arrivée de la présidente Catherine Samba-Panza, déplore le rapport, le pouvoir central demeure faible et même les crimes les plus horribles ne sont jamais punis. Les leaders des miliciens arrêtés par les forces internationales sont rapidement relâchés, et la FIDH demande la mise sur pied d'un système de justice intérimaire — y compris la construction de prisons efficaces.

Un leader des miliciens a dit aux enquêteurs: «ils doivent tous partir ou mourir».

«Tous ces derniers mois, faute de policiers, de locaux et de système judiciaire existant, l’impunité des auteurs de tous types de crimes a été totale, ajoute le rapport. L'envoi d'une force supplémentaire, la lutte contre l'impunité et un fantastique effort de solidarité internationale apparaissent comme les seules mesure à même de mettre fin aux crimes qui sont en train de se dérouler en Centrafrique.»

La FIDH est un organisme non-gouvernemental qui regroupe 178 organisations présentes dans plus d'une centaine de pays.

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