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Procès Al-Jazeera: Sissi dit qu'il refuse de s'ingérer dans les affaires judiciaires

24/06/2014 05:11 EDT | Actualisé 23/08/2014 05:12 EDT

Le président Abdel Fattah al-Sissi a affirmé mardi que les autorités ne devaient pas s'ingérer dans les affaires judiciaires, au lendemain de la condamnation de trois journalistes d'Al-Jazeera détenus en Egypte à des peines allant de 7 à 10 de prison.

Aussitôt après ce verdict qui a provoqué un tollé international, les Etats-Unis et l'Australie ont appelé M. Sissi à gracier les trois reporters, dont l'Australien Peter Greste.

Un responsable à la présidence égyptienne avait toutefois affirmé lundi à l'AFP qu'aucune grâce ne pouvait intervenir avant qu'une cour d'appel n'ait statué.

"J'ai appelé le ministre de la Justice et je lui ai dit: +Nous ne nous ingérerons pas dans les affaires judiciaires+", a affirmé M. Sissi alors qu'il assistait à des cérémonies militaires, insistant sur "l'indépendance des juges égyptiens".

Il a refusé "tout commentaire, toute ingérence" et a appelé à "respecter les décisions de la justice, même si d'autres ne les comprennent pas".

Lundi, trois journalistes de la télévision Al-Jazeera détenus en Egypte --l'Australien Peter Greste, l'Egypto-canadien Mohamed Fadel Fahmy et l'Egyptien Baher Mohamed-- ont été condamnés à 7 à 10 de prison. En outre, deux reporters britanniques de la chaîne et une journaliste néerlandaise, jugés par contumace, ont écopé de 10 ans.

Au total, 20 personnes étaient jugés dans cette affaire: 16 Egyptiens accusés d'appartenance à une "organisation terroriste" -les Frères musulmans- et d'avoir cherché à "nuire à l'image de l'Egypte" et quatre étrangers d'avoir diffusé "de fausses nouvelles" en vue de soutenir la confrérie.

L'Australie, "consternée" par cette affaire "politique", a exigé une grâce de Peter Greste. La Haye et Londres ont convoqué les ambassadeurs d'Egypte. La représentante de l'ONU pour les droits de l'Homme, Navi Pillay, s'est dite "choquée et très alarmée". Amnesty International a évoqué "un jour noir pour la liberté de la presse" et Human Rights Watch a dénoncé des "juges pris dans l'hystérie anti-Frères musulmans encouragée par Sissi".

tgg-sbh/feb

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