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Poutine, en Autriche, défend le projet South Stream

24/06/2014 02:55 EDT | Actualisé 24/08/2014 05:12 EDT

Le président russe Vladimir Poutine, en visite à Vienne, a défendu mardi le projet russo-italien de gazoduc South Stream contre les critiques occidentales en affirmant que cela profitera autant à Moscou qu'à l'Union européenne.

"Ce projet n'est dirigé contre personne. Ce projet est réalisé dans l'intérêt de la stabilité énergétique dans toute l'Europe", a déclaré M. Poutine devant la Chambre de Commerce autrichienne.

"Nous ne travaillons jamais contre quelqu'un (South stream) ne devrait pas être politisé. Tous deux, la Russie et les partenaires européens ont besoin de ce projet", a-t-il poursuivi.

En référence à la crise en Ukraine, pays par lequel transite une grande partie du gaz destiné à l'Europe, M. Poutine a rappelé que le gazoduc qui doit relier la Russie au sud de l'Union européenne via la mer Noire et les Balkans puis en passant par l'Italie et l'Autriche "permettrait de diversifier l'approvisionnement en énergie" de l'Union européenne.

Actuellement les livraisons de gaz à l'UE proviennent pour moitié de la Russie et les deux tiers de celles-ci transitent par l'Ukraine en proie depuis plusieurs mois à des violents affrontements entre forces ukrainiennes et séparatistes prorusses dans l'Est.

"Mettre en oeuvre le gazoduc South Stream le plus vite possible contribuera à la sécurité énergétique et à la diversification des approvisionnements. C'est d'une importance particulière dans le contexte des derniers développements de la situation en Ukraine", a souligné M. Poutine.

L'Autriche a scellé mardi sa participation au projet South Stream en signant un contrat entre les groupes d'énergie autrichien OMV et russe Gazprom.

"Il s'agit d'un investissement dans la sécurité de l'approvisionnement de l'énergie en Europe", a estimé mardi le président du directoire d'OMV, Gerhard Roiss, cité par l'agence de presse autrichienne APA.

Le gazoduc est devenu l'objet d'un bras de fer entre Moscou et Bruxelles, sur fond de crise ukrainienne. La Bulgarie, sous la pression de l'UE mais aussi de Washington, avait ainsi suspendu le 10 juin les préparatifs de la construction du gazoduc.

La Commission européenne a appelé les 28 pays membres de l'UE à faire front uni face aux pressions du Kremlin sur le projet, estimant que les contrats signés par Gazprom ont enfreint les règles européennes en matière de concurrence.

Mais certains pays très dépendants du gaz russe ou localisés sur le tracé du gazoduc rechignent à suivre les consignes de Bruxelles. L'Autriche, de même que la Slovénie, avaient réaffirmé vendredi leur soutien au projet.

"Ceux qui critiquent l'Autriche doivent aussi critiquer la Hongrie, la Bulgarie, la Serbie et plusieurs entreprises européennes", ne s'est pas privé d'énumérer le président autrichien Heinz Fischer, lors d'une conférence de presse conjointe avec Vladimir Poutine.

South Stream, évalué à 16 milliards d'euros, a été lancé en 2012, et aura une capacité de 63 milliards de m3 par an, l'équivalent des achats de gaz de l'UE transitant par l'Ukraine.

Le gazoduc doit entrer en service en Autriche à la fin de 2016, a précisé OMV dans un communiqué. Il devrait atteindre sa pleine capacité en 2018.

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