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Pakistan: premier attentat suicide au Waziristan depuis le début de l'offensive, 3 morts

24/06/2014 12:34 EDT | Actualisé 24/08/2014 05:12 EDT

Trois personnes ont été tuées mardi dans un attentat suicide au Waziristan du Nord, la première attaque de ce type dans cette zone tribale pakistanaise depuis que l'armée y a lancé une offensive contre les talibans et Al-Qaïda, selon des responsables locaux.

Au même moment, l'armée pakistanaise annonçait que 47 rebelles avaient été tués lors de bombardements aériens, qui ponctuent l'offensive lancée depuis une dizaine de jours.

Mardi, un kamikaze au volant d'une voiture piégée a fait exploser son véhicule dans le village de Spinwam lorsqu'il s'est fait arrêter à un checkpoint, a indiqué à l'AFP un responsable local des forces de sécurité. "Au moins deux soldats et un civil ont été tués", a-t-il ajouté.

L'armée a affirmé dans un communiqué que ses troupes avaient évité un carnage en arrêtant la voiture piégée alors qu'elle se dirigeait vers un hôpital proche.

L'attentat a été revendiqué par Ansar-ul-Mujahedin, une faction de la rébellion des talibans. "Il s'agit du début de notre contre-offensive, lors de laquelle nous attaquerons le gouvernement et les membres des tribus locales s'ils mettent en place des milices anti-talibans", a expliqué à l'AFP le porte-parole du groupe rebelle, Abu Baseer, par téléphone et depuis un lieu inconnu.

Les forces pakistanaises pilonnent également le district avec de l'artillerie avant une prochaine offensive au sol, pour le débarrasser des rebelles accusés de nombreux attentats dans le pays.

Selon un décompte de l'AFP, 436 rebelles ont été tués depuis le début de l'offensive et l'armée reconnaît la mort de 12 soldats. Ces bilans sont impossibles à confirmer de source indépendante.

Avant l'attentat de mardi, l'armée pakistanaise n'avait rencontré que très peu de résistance des rebelles dans offensive attendue de longue date par les alliés d'Islamabad, dont Washington et Pékin.

Selon des sources concordantes, la grande majorité des combattants islamistes locaux et étrangers, cible prioritaire de l'offensive, avaient déjà quitté la zone avant le début de l'offensive, passant notamment dans l'Afghanistan voisin comme nombre de civils.

Les bombardements ont provoqué à ce jour l'exode de plus de 470.000 Waziris du nord, soit la majorité de cette population estimée entre 500.000 et un million de personnes. La plupart se sont réfugié dans la ville voisine de Bannu, mais d'autres ont fui vers l'ouest et passé la frontière afghane.

Le Programme alimentaire mondial (PAM) de l'ONU a commandé lundi à distribuer de l'aide alimentaire aux réfugiés de Bannu, dans un contexte de tensions nourries par le soudain afflux dans la ville de centaines de milliers de réfugiés ces dernières semaines, et par les difficultés à leur apporter tous l'aide dont ils ont besoin.

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