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Maroc: nouvelle comparution pour le rappeur "Lhaqed", jugement le 1er juillet

24/06/2014 03:30 EDT | Actualisé 24/08/2014 05:12 EDT

Le rappeur Mouad Belghawat, considéré comme le chanteur du mouvement du 20-Février, a comparu mardi pour "atteinte à agents des forces de l'ordre" devant le tribunal de Casablanca qui a mis son jugement en délibéré au 1er juillet.

Agé de 26 ans, "Lhaqed" ("le rancunier", son surnom) a été arrêté le mois dernier en marge d'une rencontre de football et inculpé pour "ébriété sur la voie publique", "atteinte à agents des forces de l'ordre", "insultes" et "vente de billets au marché noir".

Il est incarcéré à la prison d'Oukacha, d'où il était sorti en mars 2013 après avoir purgé une peine d'un an pour "outrage à la police", en raison d'un clip diffusé sur Youtube. Il lui avait notamment été reproché un photomontage d'un policier dont la tête avait été remplacée par celle d'un âne.

Mardi, les demandes de remise en liberté provisoire des avocats du rappeur, qui a clamé son innocence, ont toutes été refusées, et le jugement a été mis en délibéré au 1er juillet.

Durant cette dernière audience, la défense a par ailleurs décidé de se retirer, affirmant que le tribunal n'avait "retenu aucune de (ses) requêtes", dont "la convocation des officiers de police judiciaire ayant rédigé les PV" et celle "des témoins à décharge".

La partie civile a pour sa part demandé un "jugement exemplaire" contre un "récidiviste", avec des dommages et intérêts "de 100.000 dirhams (9.500 euros environ) pour chacun des deux policiers blessés".

Le rappeur, lauréat en 2012 du prix de l'intégrité de l'ONG Transparency Maroc, a sorti en février un nouvel album, dont la présentation dans une librairie de Casablanca avait été interdite selon les organisateurs.

Né durant le Printemps arabe, le mouvement du 20-Février, dont il est l'une des figures, réclame des réformes politiques et sociales profondes au Maroc. Ses activités ont décliné depuis un an, les militants dénonçant une répression à leur égard.

Les autorités affirment de leur côté que l'essentiel des revendications ont été satisfaites avec l'adoption à l'été 2011 d'une nouvelle Constitution, sur initiative royale.

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