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L'ivoire et le charbon financent les groupes criminels et terroristes

24/06/2014 12:23 EDT | Actualisé 24/08/2014 05:12 EDT

NAIROBI, Kenya - Les crimes environnementaux comme le braconnage des éléphants pour leur ivoire ou encore la vente de charbon de bois illégal financent les activités de groupes criminels ou terroristes, s'inquiète un nouveau rapport de l'ONU.

Le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) explique ainsi que le groupe terroriste somalien al-Shabab engrange entre 38 millions $ US et 56 millions $ US par année en vendant du charbon illégal.

D'autres groupes — comme l'Armée de résistance du Seigneur — récoltent jusqu'à 12 millions $ US annuellement en trafiquant de l'ivoire d'éléphant.

Le crime environnemental le plus payant est l'exploitation forestière illégale, qui génère entre 30 milliards $ US et 100 milliards $ US en revenus chaque année.

Le commerce illégal des ressources naturelles a explosé au cours des dernières années, au point de menacer maintenant non seulement des espèces et des écosystèmes mais aussi des économies nationales, a dit le directeur du PNUE, Achim Steiner.

La quantité d'argent perdue par les économies nationales se mesure «sur une échelle de Richter économique» et nécessite une réponse plus organisée en raison de la nature transfrontalière de la menace, a-t-il ajouté.

Le rapport de mardi a été publié à l'occasion de la première assemblée annuelle du PNUE à Nairobi, au Kenya.

Le secrétaire général de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction, John Scanlon, a dit que certains experts croient que des spéculateurs entreposent de l'ivoire, en prédisant que les éléphants finiront par disparaître et que le prix du produit augmentera alors en flèche.

Des braconniers ont abattu des dizaines de milliers d'éléphants en Afrique au cours des dernières années, une tendance qui menacera la survie de l'espèce si elle n'est pas freinée, disent les écologistes.

«Il y a eu un changement évident dans la nature des crimes contre la nature depuis trois ou cinq ans. C'est maintenant d'une ampleur industrielle», a dit M. Scanlon.

Pour sa part, le groupe humanitaire Human Rights Watch a dénoncé la présence d'une usine de recyclage de batteries le long de la côte du Kenya. Au moins trois personnes seraient mortes après avoir été empoisonnées au plomb et plusieurs autres ont été intoxiquées.

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