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Libye: Tripoli "déterminé" à organiser les élections législatives malgré l'instabilité

24/06/2014 11:34 EDT | Actualisé 24/08/2014 05:12 EDT

Le ministre des Affaires étrangères libyen, Mohamed Abdelaziz, a réaffirmé mardi la "détermination" de Tripoli à organiser les élections législatives mercredi en Libye, dans un climat d'insécurité et d'instabilité politique totale.

"Il y a une forte détermination (...) pour que les élections aient lieu dans les temps et nous espérons que le nouveau parlement va remplacer l'actuel Congrès national", a déclaré Mohamed Abdelaziz à des journalistes, en marge des travaux préparatoires du sommet de l'Union africaine prévu jeudi et vendredi à Malabo.

"Cela va donner l'espoir à la population libyenne que le processus démocratique va dans la bonne direction", a-t-il ajouté.

Le Congrès général national (CGN), la plus haute autorité politique et législative de Libye, est contesté pour avoir décidé de prolonger jusqu'en décembre 2014 son mandat arrivé à expiration en février et a décidé de la tenue des élections de juin sous la pression de la rue.

Le chef de la diplomatie libyenne s'est dit toutefois "préoccupé" par la situation dans certaines villes du pays comme Benghazi (est), où la sécurité du scrutin suscite de vives inquiétudes.

Interrogé sur la situation à Benghazi, où le chef d'une force paramilitaire, l'ancien général Khalifa Haftar, mène depuis plusieurs jours une offensive contre les groupes islamistes, le ministre a déclaré qu'"il n'a pas l'approbation du gouvernement, ni l'approbation du congrès national".

"Leur objectif principal - selon eux - est de lutter contre les extrémismes (...) mais ce n'est pas à une faction de faire ce travail", a affirmé le ministre.

A propos de l'insécurité qui prévaut aux frontières libyennes, M. Abdelaziz a admis que la circulation des armes continuait entre son pays et ceux de la région depuis la chute de Mouammar Kadhafi en octobre 2011.

"Plus de 20 millions d'armes ont été mises en circulation dans et à l'extérieur du pays", a-t-il ajouté, accusant le "crime organisé" d'avoir "profité du vide sécuritaire".

"C'était et c'est toujours un fait", a reconnu le ministre: "Nous avons 4.000 km de frontières terrestres et 2.000 km de frontières maritimes, et en l'absence de frontière sécurisée , le trafic peut prospérer à tout moment".

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