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L'Etat français continuera à accompagner Alstom (ministre Economie)

24/06/2014 04:19 EDT | Actualisé 24/08/2014 05:12 EDT

Une nationalisation partielle d'Alstom permettra à l'Etat français d'accompagner d'éventuelles augmentations de capital du groupe, qui pourra aussi se renforcer dans sa coentreprise avec l'américain General Electric dans les énergies renouvelables, a déclaré mardi le ministre français de l'Economie Arnaud Montebourg

Selon un accord intervenu ce week-end, GE rachètera l'activité de turbines à gaz d'Alstom et créera avec le groupe français trois coentreprises détenues à parité dans les énergies renouvelables (éolien en mer et hydroélectricité), les réseaux électriques, et les turbines à vapeur, dont certaines équipent des centrales nucléaires.

Dans la coentreprise dans les énergies renouvelables, "nous avons la possibilité d'acquérir plus de 50% à tout moment - quand je dis le nous, c'est Alstom - sans que GE puisse s'y opposer. Nous pouvons acheter 10, 20 ou 30%, donc nous pouvons monter à 80%", a assuré Arnaud Montebourg devant la commission des Affaires économiques de l'Assemblée nationale.

Ces coentreprises auront leur siège en France, et leurs dirigeants seront nommés par GE. Pour les réseaux, l'Etat a toutefois exigé que le patron soit français et un droit de regard pour celui des turbines à vapeur, a-t-il souligné.

Concernant les turbines à vapeur nucléaires, l'Etat français a obtenu une "action préférentielle" au sein de la coentreprise, lui donnant un "droit de veto" ainsi que des "droits de gouvernance spécifiques".

"La liste des cas dans lesquels le droit de veto peut être exercé a été fixé dans le protocole d'accord. Elle est longue comme le bras", a indiqué M. Montebourg.

"Ces trois coentreprises où Alstom est maintenu auront comme chiffre d'affaires 10,2 milliards de dollars (7,5 milliards d'euros). (...) C'est pour cela que j'ai dit que notre indépendance énergétique est garantie par cet accord", a-t-il poursuivi.

L'Etat s'est donné 20 mois à compter de la finalisation de l'opération avec GE, prévue au premier semestre 2015, pour devenir l'actionnaire principal d'Alstom en rachetant 20% du capital auprès du conglomérat Bouygues, qui en détient 29,4%, ou sur le marché si les actions sont inférieures au prix minimal de rachat de 35 euros par titre décidé avec Bouygues.

Le gouvernement a renoncé à une opération franco-française, qui aurait été "une solution de solitude" pour le groupe industriel fortement endetté et menacé de lourdes amendes aux Etats-Unis pour des faits présumés de corruption.

mpa/lum/gg

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