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Les analystes s'attendent à une érosion de la base d'abonnés de Shaw

24/06/2014 02:52 EDT | Actualisé 24/08/2014 05:12 EDT

TORONTO - Shaw Communications (TSX:SJR) s'est engagée dans une lutte dont l'issue reste largement incertaine, estiment certains analystes, qui font valoir que sa forte dépendance à la télévision la place dans une situation désavantageuse par rapport à ses concurrentes du secteur des télécommunications, qui offrent aussi des services sans fil.

D'après les prévisions des spécialistes, le câblodistributeur de Calgary devrait dévoiler jeudi de meilleurs résultats financiers que ceux des trois trimestres précédents, mais il est difficile de dire si les chiffres du troisième trimestre signaleront un retour à la croissance ou ne resteront qu'une anomalie ponctuelle.

L'analyste Dvai Ghose, de Canaccord Genuity, recommande la vente de l'action de Shaw, même si la réorganisation annoncée en avril par la société améliorera probablement son efficacité. Il s'attend à ce que ses revenus affichent une hausse d'environ deux pour cent par rapport à l'an dernier, en raison des augmentations de prix pour Shaw Cable et pour les services de télévision par satellite Shaw Direct.

«Mais selon nous, la télévision câblée, la télévision par satellite et la téléphonie résidentielle deviennent de plus en plus insignifiantes aux yeux des plus jeunes consommateurs, ce qui complique la tâche des hausses de prix pour ces services», a écrit M. Ghose.

La branche des médias de Shaw doit aussi composer avec la concurrence du service en ligne de vidéo sur demande Netflix et de possibles changements réglementaires qui pourraient permettre, à partir de l'an prochain, davantage de choix au niveau des chaînes individuelles, a ajouté l'analyste.

Les services sans fil ont été un secteur de croissance pour les grandes sociétés canadiennes de télécommunications, incluant Rogers Communications, BCE et Telus, qui ont aussi favorisé la rétention de leurs consommateurs en offrant des forfaits avantageux lorsque leurs différents services sont jumelés.

Plusieurs s'attendaient à ce que Shaw effectue son entrée dans le marché du sans fil à la suite de sa participation aux enchères pour le spectre sans fil de 2008, qui réservaient un certain nombre des licences offertes aux nouveaux joueurs. Cependant, la société a signé une entente l'an dernier pour vendre la portion du spectre qu'elle avait alors acquise à Rogers (TSX:RCI.B).

En plus de ses activités de télévision câblée et de connexion internet à haute vitesse dans l'Ouest canadien, Shaw est le propriétaire du réseau Global Television et d'une série de chaînes spécialisées, dont le Food Network Canada, History Television et Showcase.

Plutôt que d'acquérir les actions de Shaw, M. Ghose recommande d'acheter celles de la vancouvéroise Telus (TSX:T) — qui a gagné des abonnés télévision et internet aux dépends de Shaw. Après Telus, son deuxième choix dans le secteur est Vidéotron, une propriété de Québecor (TSX:QBR.B).

D'autres analystes sont moins pessimistes quant aux perspectives à long terme de Shaw, mais la plupart s'attendent à un recul du nombre d'abonnés pour le trimestre clos le 31 mai et à ce que la remise en forme de ses activités représente un défi à long terme pour sa croissance.

Greg MacDonald, de Macquarie Capital Markets, qui a une recommandation neutre sur l'action de Shaw, est d'accord pour dire que ses activités de médias sont face à un risque supérieur à la moyenne «en raison de transitions structurelles dans les habitudes de visionnement de la télévision traditionnelle vers Internet».

M. MacDonald croit aussi que Shaw a vraisemblablement accueilli de nouveaux abonnés à ses services internet au cours du trimestre, tout en jugeant probable que les hausses de prix dans le câble aient entraîné le départ d'abonnés dans ce segment.

L'analyste Drew McReynolds, de RBC Marchés des capitaux, s'attend à ce que la performance de Shaw soit conforme à celle de son secteur et juge que Shaw continuera à fonctionner dans un environnement concurrentiel «difficile mais rationnel».

Selon lui, le nombre d'abonnés au service de câblodistribution de base devrait avoir légèrement fléchi au plus récent trimestre, mais les marges de profits de Shaw devraient être stables, notamment grâce à ses initiatives pour favoriser l'efficacité.

L'action de Shaw a retraité mardi de 15 cents à 26,25 $ à la Bourse de Toronto. Elle a atteint le 4 juin un sommet de 27,50 $ pour les 52 dernières semaines.

Le cours cible de Canaccord sur le titre de Shaw est de 24 $, tandis que celui de la Banque Royale est de 25 $ et celui de Macquarie, 27 $.

D'après les prévisions recueillies par Thomson Reuters, les analystes misent en moyenne sur un bénéfice ajusté par action de 40 cents pour le trimestre clos le 31 mai, en baisse par rapport à celui de 52 cents par action d'un an plus tôt. Les revenus sont projetés à 1,36 milliard $, par rapport à ceux de 1,33 milliard $ de la même période l'an dernier.

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