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Le président kurde parle d'un "nouvel Irak" devant Kerry

24/06/2014 04:49 EDT | Actualisé 23/08/2014 05:12 EDT

Le secrétaire d'Etat John Kerry a rencontré mardi à Erbil le président de la région autonome du Kurdistan Massoud Barzani qui a évoqué une "nouvelle réalité en Irak" et appelé le Premier ministre Nouri al-Maliki à partir.

M. Kerry, après une visite la veille à Bagdad, tente de rassembler les forces politiques dans un pays miné par les divisions, face à l'offensive des insurgés sunnites qui s'approchent de Bagdad.

"Avec ces changements, nous sommes devant une nouvelle réalité et un nouvel Irak", a déclaré M. Barzani en recevant le secrétaire d'Etat au siège de la présidence à Erbil (nord). "Nous cherchons une solution à la crise", a-t-il dit.

"Comme tout le monde le sait, il s'agit d'un moment très critique pour l'Irak, et la formation d'un gouvernement est notre principal défi", a de son côté dit M. Kerry à son interlocuteur.

L'offensive des insurgés a permis aux Kurdes de prendre le contrôle de secteurs disputés avec Bagdad, qu'ils souhaitent intégrer à leur région autonome. Ainsi, leurs forces de sécurité contrôlent la ville multi-ethnique et pétrolière de Kirkouk.

M. Kerry a souligné que les forces de sécurité kurdes ont joué un "rôle clé en aidant à tracer une ligne par rapport à l'EIIL", en référence aux jihadistes sunnites de l'Etat islamique en Irak et au Levant qui mènent l'offensive des insurgés lancée le 9 juin en Irak.

Dans des déclarations à la chaîne américaine CNN, M. Barzani a appelé M. Maliki, "responsable de ce qui est arrivé" en Irak, à démissionner.

"Nous vivons aujourd'hui une ère différente. Au cours des 10 dernières années, nous avons fait tout notre possible pour construire un Irak nouveau et démocratique, mais malheureusement l'expérience n'a pas réussi", a-t-il ajouté.

Interrogé si les Kurdes chercheraient à devenir indépendants, M. Barzani a affirmé que "c'est au peuple de déterminer son avenir". "L'Irak est clairement en train de se désintégrer de toute manière, et il est évident qu'un gouvernement fédéral ou central a perdu le contrôle sur tout".

Les responsables américains sont conscients du fait que les gains enregistrés par les Kurdes ces dernières semaines sur le terrain pourraient être irréversibles.

Lundi, M. Kerry a promis un soutien intensif à l'Irak face à la "menace existentielle" que représente l'offensive jihadiste après des entretiens avec M. Maliki.

"Les Kurdes ont un meilleur rôle à jouer pour maintenir une certaine stabilité de l'Etat", a déclaré un haut responsable du département d'Etat. "S'ils décident de se retirer du processus politique de Bagdad, cela va accélérer beaucoup de tendances négatives". Mais si les Kurdes jouent un rôle actif, "ils auront une influence de poids à Bagdad".

En vertu du système en vigueur ces dernières années, le président de l'Etat irakien est un Kurde, le Premier ministre est un chiite et le président du Parlement un sunnite.

Le Kurdistan autonome a accueilli ces dernières semaines plusieurs milliers de déplacés fuyant l'offensive des insurgés. M. Kerry devait reconnaître leurs efforts pour faire face à "une très grave crise de réfugiés".

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