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Le président d'Azerbaïdjan se dit ouvert aux critiques sur les droits de l'Homme, mais les réfute

24/06/2014 07:49 EDT | Actualisé 24/08/2014 05:12 EDT

Le président d'Azerbaïdjan, Ilham Aliev, s'est dit mardi "ouvert aux critiques" sur la situation des droits de l'homme dans son pays, tout en les rejetant comme des "tentatives d'atteinte à la réputation" de son pays, lors d'un débat au Conseil de l'Europe.

La situation des droits de l'Homme en Azerbaïdjan "n'est pas parfaite mais il y a de réels progrès", a affirmé Ilham Aliev devant l'assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE) réunie à Strasbourg, en assurant que son pays respectait "toutes les libertés fondamentales".

"Nous sommes ouverts aux critiques quand les critiques sont fondées sur des faits réels (...) mais parfois elles sont fondées sur une approche biaisée, il ne s'agit que d'une tentative de porter atteinte à la réputation de l'Azerbaïdjan", a-t-il estimé.

"La liberté des médias est pleinement garantie en Azerabïdjan, la liberté d'association également", a-t-il affirmé.

Le président Aliev a essuyé une salve de critiques des députés de l'APCE, qui lui ont rappelé les rapports très négatifs des organisations de défense de la presse et des droits de l'homme sur son pays.

"Il n'y a pas de prisonniers politiques en Azerbaïdjan. Tout ce que vous dites est basé sur de fausses informations", a rétorqué M. Aliev en réponse à un député qui lui demandait quand il entendait libérer les 19 prisonniers politiques recensés par Amnesty International.

A un autre parlementaire qui évoquait le sort des journalistes emprisonnés, M. Aliev a rétorqué qu'il s'agissait de "mensonges".

Le fait que Bakou occupe pour six mois la présidence tournante du comité des ministres du Conseil de l'Europe devrait être "une opportunité afin d'accélérer le processus de réformes", a estimé de son côté la présidente de l'APCE, Anne Brasseur.

L'Azerbaïdjan, petit pays du Caucase riche en hydrocarbures, est régulièrement critiqué par les ONG locales et internationales, qui dénoncent un renforcement de la répression contre l'opposition depuis la réélection de M. Aliev l'année dernière.

L'ONG Human Rights Watch accuse notamment le pouvoir azerbaïdjanais d'avoir recours à de fausses accusations de détention de stupéfiants pour faire taire les voix critiques.

Pour sa part, l'APCE a décidé de ne plus organiser de réunions en Azerbaïdjan durant les deux prochaines années, en réaction à l'annulation fin mai d'un visa délivré à un député socialiste français, René Rouquet.

L'Azerbaïdjan se classe 160e sur 180 dans le classement mondial de la liberté de la presse établi cette année par Reporters sans Frontières.

Le Conseil de l'Europe, créé en 1949 et rejoint dans les années 1990 par la quasi-totalité des anciens pays communistes d'Europe centrale et orientale, a pour mission de promouvoir les droits de l'homme, la démocratie et l'Etat de droit.

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