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La fièvre du Mondial balaie les craintes des fans étrangers

24/06/2014 06:27 EDT | Actualisé 24/08/2014 05:12 EDT

Alarmés par les médias et les avis aux voyageurs, les touristes étrangers entretenaient de sérieuses craintes à propos de la sécurité et des transports avant le Mondial-2014, mais une fois sur place ils ne pensent plus qu'au football.

"Les médias nous avaient rendus un peu craintifs, mais on a été gagnés par la fièvre", explique Leonardo, un Colombien de 32 ans, résumant le sentiment de nombreux supporteurs.

Avant la Coupe du monde, les organes de presse, agences touristiques et gouvernements des pays qualifiés avaient alerté leurs compatriotes sur les nombreux dangers et désagréments qui pouvaient les guetter au Brésil.

Parmi ceux-ci, les vols à main armée et les violentes manifestations de ces derniers mois pointaient en tête. Venaient ensuite les difficultés à prévoir en matière de transports dans ce pays continent de 200 millions d'habitants.

"Il y a une différence énorme entre ce qu'on attendait et la réalité", explique Tom, un Belge de 31 ans venu de Louvain.

"C'est sûr, on avait un peu peur, on nous a dit qu'il fallait faire très attention, notamment en ce qui concerne les vols. On avait peur de se faire voler nos papiers", poursuit son compère Christophe, un fonctionnaire de Gand.

Mais selon ces fans étrangers, l'insécurité n'est absolument pas ressentie. A Rio de Janeiro, l'essoufflement de la grogne sociale et le dispositif policier omniprésent jour et nuit rassurent les plus anxieux.

- La crainte des 'Robocops' -

"Ils ont pris des précautions avec tous ces policiers. C'est une bonne chose car les touristes viennent d'un peu partout et ont souvent une notion différente du risque", se satisfait Kotaro Ninomiya, un étudiant américain venu de San Diego (Californie).

Pour Luke Stepien, comptable canadien de 26 ans, "le plus important est de bien s'informer. C'est du bon sens, il faut éviter les favelas et certains quartiers la nuit".

Le Mexicain Mauricio Torres, comptable à Mexico, explique que la situation est très similaire à celle de son pays.

"Au Mexique aussi les gens ont une certaine perception de l'insécurité, avec tout ce que les médias racontent au sujet des narcos, mais ça ne t'empêche pas d'avoir une très belle vie, à partir du moment où tu sais où ne pas aller".

Certains se disent même davantage menacés par les policiers harnachés comme des "Rococops" qui sillonnent les zones touristiques de Rio.

"La seule insécurité qu'on ressent, elle vient de la police, avec toutes ces brigades anti-émeutes qui se baladent avec leurs boucliers, c'est vraiment agressif et impressionnant", explique le Belge Tom.

Son ami Christophe renchérit: "Le seul problème qu'on a eu, c'est avec la police à Lapa (quartier connu pour sa vie nocturne, ndlr), quand ils ont eu recours au spray au poivre pour dégager la rue occupée par les fêtards. Franchement c'était pas la peine d'en arriver là, on en avait plein le nez".

- Le bazar partout -

En ce qui concerne les manifestations, beaucoup en ont entendu parler, mais personne n'a rien vu.

"Moi je reste dans les quartiers touristiques et je n'ai pas vu une seule manifestation. Ce n'est pas un problème pour moi", tranche Lauranne Kamgang, une Camerounaise de 26 ans vivant au Canada.

"S'il faut faire attention, c'est en traversant la route, parce que tu peux te faire écraser en moins de deux ici", prévient de son côté Jorge Begoña, un homme d'affaires mexicain de 33 ans.

L'Australien Marshall Boyd avoue lui que sa seule déception a trait à l'organisation. "Par exemple, lors du premier match au Maracana (Argentine - Bosnie-Herzégovine le 15 juin), il n'y avait rien à manger".

"C'est un peu le bazar partout, mais en fait j'adore", tempère toutefois ce rugbyman de 28 ans.

A Rio comme ailleurs, les supporteurs ne se soucient plus des avertissements et la fièvre du Mondial bat son plein 24 heures sur 24, sur fond de matchs spectaculaires.

"C'est génial, on fait la fête et on plaisante avec tout le monde, même avec les Argentins!", rigole Danny, un Londonien de 52 ans. "On a même parlé des Malouines!", s'exclame-t-il au sujet de l'archipel de l'Atlantique sud où les armées britannique et argentine se sont combattues en 1982, faisant 907 morts.

"Pour l'instant il n'y a pas de rivalité, mais je ne suis pas sûr que ce sera encore le cas pendant les matchs à élimination directe", prévient Alexis Makaroff, un commercial français de 24 ans.

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