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Japon: moins d'impôts pour les entreprises, plus de femmes au travail, Abe accélère son programme

24/06/2014 06:16 EDT | Actualisé 24/08/2014 05:12 EDT

Le gouvernement du Premier ministre japonais Shinzo Abe a revu mardi son programme économique avec comme nouvelles mesures-clefs une baisse des impôts sur les profits des entreprises et des modifications structurelles notamment censées faciliter le travail des femmes.

"Nous allons donner un coup d'accélérateur à la stratégie de croissance", a déclaré M. Abe lors d'une conférence de presse en fin d'après-midi.

Au pouvoir depuis fin 2012, M. Abe avait d'emblée promis une batterie de mesures, ses fameuses trois flèches (largesses budgétaires, assouplissement monétaire, stratégie de croissance), dont la troisième fut longue à décocher et a jusqu'à présent manqué d'élan, ce qui a déçu nombre d'économistes.

C'est cette désaffection que M. Abe espère combattre en martelant que plus de femmes doivent travailler de même que les personnes âgées, que les exploitations agricoles doivent rajeunir ou qu'il faut maintenir les entreprises sur le territoire nippon pour dynamiser les régions tout en les aidant à exporter et dopant leur compétitivité (moins d'impôts, plus de robots high-tech).

Le taux d'imposition sur les bénéfices des sociétés varie selon les localités, mais tourne autour de 35% (35,64% à Tokyo), ce qui pénalise les entreprises par comparaison avec celles de la plupart des pays étrangers en général, asiatiques en particulier. Le gouvernement veut faire passer la moyenne sous 30%.

En lançant un nouveau train de dispositions qui visent aussi à déréguler dans divers domaines (modalités d'emploi, santé, agriculture) et mettre l'accent sur des secteurs et zones prioritaires pour l'établissement d'entreprises, M. Abe entend prolonger et accélérer l'embellie selon lui amorcée grâce aux deux premières flèches de sa politique surnommée "Abenomics".

M. Abe s'est ainsi félicité des progrès économiques accomplis (moins de chômage, un surcroît d'offres d'emploi, des revendications salariales printanières acceptées, des meilleurs primes estivales) se disant heureux que l'économie se soit améliorée depuis son arrivée.

Si la hausse récente de la taxe sur la consommation (équivalent de la TVA française passé de 5% à 8% le 1er avril) a pu heurter le pouvoir d'achat de certains ménages, M. Abe a rappelé que l'Etat avait prévu des aides pour les familles les plus fragiles.

C'est bien parti, il faut que cela continue, tel est désormais son but clairement affiché.

Et le même de souligner que dans sa politique économique menée pour entretenir un cercle vertueux de hausse de l'activité, des revenus, de la consommation et de la croissance, "il n'y a pas de tabou ni de sanctuaire": tout peut selon lui être réformé et la réforme ne doit pas s'arrêter.

Il s'est ainsi de nouveau engagé mardi à poursuivre les négociations en cours pour aboutir à plusieurs accords de libre-échange, dont un avec l'Union européenne (où l'enjeu concerne notamment la rigidité des normes nippones et la difficulté d'accès aux marchés publics japonais) et le partenariat trans-pacifique (TTP) mené par les Etats-Unis qui auraient voulu conclure dès la fin d'année dernière ou lors de la venue récente du président Barack Obama au Japon.

kap/bir

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