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Irak: 1075 personnes ont perdu la vie depuis le début du mois de juin

24/06/2014 08:50 EDT | Actualisé 24/08/2014 05:12 EDT
AP

BAGDAD - Le premier ministre irakien, Nouri al-Maliki, est prêt à céder, du moins temporairement, le contrôle de la majeure partie du pays aux extrémistes sunnites de l'État islamique en Irak et au Levant (ÉIIL) et a décidé de déployer les soldats les mieux entraînés et équipés à Bagdad, ont rapporté des représentants du gouvernement irakien, mardi.

Les milices chiites ayant répondu à l'appel aux armes lancé par le plus important leader religieux de l'Irak, le grand ayatollah Ali al-Sistani, se concentrent aussi sur la protection de la capitale et des lieux saints chiites, alors que les combattants kurdes ont mis la main sur une ville pétrolière située à l'extérieur de leur territoire, soi-disant pour la défendre contre les extrémistes de l'ÉIIL.

Pendant que chaque groupe religieux s'occupe de ses propres intérêts, l'Irak ressemble de plus en plus à un État fragmenté. Le leader kurde Massoud Barzani a même affirmé, mardi, lors d'une rencontre avec le secrétaire d'État américain John Kerry à Erbil, la capitale kurde, que les Irakiens étaient maintenant confrontés à une nouvelle réalité et à un nouveau pays.

Deux semaines après que l'armée irakienne eut subi des défaites humiliantes dans le nord et l'ouest, M. Al-Maliki peine à élaborer une stratégie efficace pour repousser l'ÉIIL, un groupe dissident d'Al-Qaïda qui compterait quelque 10 000 hommes en Irak.

Jusqu'à présent, les actions posées par les forces gouvernementales sont loin de ressembler à une contre-offensive, puisqu'elles se limitent surtout aux régions où les chiites risquent d'être victimes des extrémistes sunnites et à un lieu saint chiite majeur au nord de Bagdad.

Cette faiblesse du pouvoir central et de l'armée est devenue évidente lorsque le gouvernement a tenté en vain de reconquérir Tal Afar, une ville stratégique de quelque 200 000 habitants tant chiites que sunnites située près de la frontière syrienne.

Le gouvernement Al-Maliki a prétendu avoir repris certaines parties de la cité, mais la région demeure sous le contrôle des combattants de l'ÉIIL au terme d'affrontements qui ont coûté la vie à 30 miliciens et militaires.

Le conflit a poussé les États-Unis à envoyer des troupes en Irak, près de trois ans après le retrait des forces américaines.

Le Pentagone a précisé, mardi, que la moitié des quelque 300 conseillers militaires et membres des forces spéciales américaines étaient déjà à Bagdad, où ils ont commencé à évaluer la situation. Quatre autres unités spéciales arriveront en Irak au cours des prochains jours.

D'après les Nations unies, 1075 personnes ont été tuées en Irak depuis le début du mois de juin, dont des civils, des policiers et des militaires.

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