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Plus de 360 Palestiniens arrêtés en Cisjordanie en 11 jours (armée)

23/06/2014 05:50 EDT | Actualisé 23/08/2014 05:12 EDT

L'armée israélienne a arrêté 37 Palestiniens dans la nuit de dimanche à lundi, portant à plus de 360 le nombre de personnes appréhendées en Cisjordanie depuis l'enlèvement de trois étudiants d'écoles religieuses juives, a-t-on appris de sources militaires.

"Au cours de la nuit, les forces de sécurité ont arrêté 37 suspects et fouillé 80 sites", en particulier autour de Hébron, dans le sud de la Cisjordanie occupée, ainsi que Jénine, dans le nord du territoire, a précisé à l'AFP une porte-parole militaire israélienne.

"Depuis l'enlèvement il y a 11 jours, près de 361 suspects ont été arrêtés, dont 250 membres du Hamas" parmi lesquels 57 qui avaient été relâchés pendant l'échange de prisonniers de Gilad Shalit, a-t-elle ajouté, en référence aux 1.027 prisonniers libérés en 2011 contre la libération d'un soldat israélien captif du Hamas à Gaza pendant cinq ans.

Quatre civils palestiniens, dont deux mineurs et un handicapé mental, ont été tués par l'armée israélienne en Cisjordanie depuis le lancement de l'opération "Gardien de nos frères", et un cinquième, un homme de 20 ans, se trouvait depuis vendredi dans un état de mort clinique, selon sa famille.

Le président palestinien Mahmoud Abbas, qui a fermement condamné l'enlèvement et s'est engagé à une coopération totale de ses services de sécurité pour retrouver les trois jeunes, a néanmoins dénoncé des "meurtres de sang-froid".

Il a également émis des doutes sur les "preuves" de l'implication du Hamas dans le rapt, qui n'a pas fait l'objet de revendication jugée crédible.

Mais le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a assuré dimanche disposer de "preuves irréfutables" de l'implication du mouvement islamiste, ajoutant qu'elles seraient "bientôt rendues publiques".

Selon les commentateurs, Israël devrait bientôt diminuer l'ampleur de son offensive, son plus important déploiement en Cisjordanie depuis la fin de la deuxième Intifada en 2005, visant également à démanteler les infrastructures du Hamas, à l'approche du mois de Ramadan qui commence en fin de semaine.

"L'armée va surement préférer réduire l'ampleur de son déploiement et recentrer son activité sur la collecte de renseignement", estime le spécialiste militaire du quotidien Haaretz.

Un éditorialiste du journal Maariv souligne que "le réservoir de cibles est épuisé", le réseau du Hamas subsistant en Cisjordanie étant constitué d'institutions aussi bien caritatives que sociales et politiques, compliquées à interdire totalement.

L'ancien chef du gouvernement du Hamas à Gaza, Ismaïl Haniyeh, a pour sa part affirmé lundi que "la Cisjordanie connaissait une Intifada en tant que telle", ajoutant: "Personne ne peut l'arrêter".

Les trois étudiants d'écoles talmudiques situées dans des implantations juives en Cisjordanie, âgés de 19 ans pour l'aîné et de 16 ans pour les deux autres, ont disparu alors qu'ils faisaient de l'auto-stop le 12 juin dans le bloc de colonies du Goush Etzion.

Dans une affaire séparée, l'armée israélienne a annoncé lundi avoir appréhendé le 7 mai deux Palestiniens habitant à Idhna, près de Hébron, un père et un fils, suspectés d'être "impliqués dans le meurtre" d'un policier israélien lors d'une fusillade sur la route d'une colonie de la région le 14 avril.

Selon un communiqué militaire, le père, Ziad Awad, 42 ans, est un membre du Hamas qui avait fait partie de l'échange contre le soldat Shalit en 2011, inculpé lundi par un tribunal militaire israélien, de même que son fils Ezzedine Awad, 18 ans.

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