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L'Ukraine appelle à l'aide Merkel et l'UE pour mettre fin à la rébellion prorusse

23/06/2014 05:09 EDT | Actualisé 22/08/2014 05:12 EDT

L'Ukraine a exhorté lundi Angela Merkel et ses alliés occidentaux à l'aider à mettre fin à une insurrection prorusse dans l'Est, où les combats se poursuivent en dépit d'un cessez-le-feu unilatéral devant ouvrir sur un plan de paix crucial.

La Russie, accusée par les Occidentaux de vouloir déstabiliser le pays en armant en sous-main la rébellion, a insisté pour qu'un "cessez-le-feu durable" soit respecté afin d'amorcer au plus vite un dialogue entre les autorités de Kiev et les séparatistes dans le cadre d'un plan de paix du président ukrainien, Petro Porochenko.

Répondant en creux aux accusations, le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a assuré lundi que la Russie, dont le soutien au plan de paix est assorti de conditions, n'avait pas "d'ambitions géopolitiques", quelques mois après le rattachement de la Crimée à la Russie.

Sur fond d'entretiens diplomatiques tous azimuts, le plan de paix, rejeté par les rebelles, était présenté aux ministres européens des Affaires étrangères lundi au Luxembourg par le chef de la diplomatie ukrainienne, Pavlo Klimkine.

En jeu : l'unité de l'Ukraine, ex-république soviétique, qui doit signer vendredi le dernier volet d'un accord historique d'association avec l'Union européenne l'éloignant du giron russe. Depuis avril, l'Est du pays est en proie à de violents combats entre l'armée et les rebelles, qui ont proclamé l'indépendance de deux régions.

- Implication "cruciale" de Merkel -

Plus de 48 heures après l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu d'une semaine ordonné aux troupes ukrainiennes pour permettre le désarmement des insurgés et entamer un dialogue avec ceux n'ayant commis "ni meurtre ni torture", le ministère ukrainien de la Défense a dénombré onze attaques survenues dans la nuit contre l'armée, citant notamment des tirs de mortier contre des gardes-frontières.

"L'implication d'Angela Merkel et d'autres dirigeants mondiaux est cruciale pour un règlement du conflit dans l'est de l'Ukraine", a affirmé Petro Porochenko, selon un communiqué de la présidence, à l'issue d'un entretien téléphonique avec la chancelière allemande dimanche. Depuis avril, au moins 375 personnes ont été tuées.

Selon le porte-parole du gouvernement allemand, Steffen Seibert, la chancelière a demandé de son côté à la Russie "d'exercer son influence sur les séparatistes" pour qu'ils repectent le cessez-le-feu. Elle a demandé à Moscou de contrôler ses frontières avec l'Ukraine pour empêcher le passage d'armes et de combattants.

Lundi, des soldats ukrainiens étaient encerclés par les rebelles après une tentative de reprise du poste frontière d'Izvarino, près de Lougansk, une situation témoignant de la poursuite de la guerre pour le contrôle de la frontière.

"Ils n'ont aucune chance de s'en sortir : ils sont encerclés, ils n'ont plus ni eau ni nourriture", a affirmé à l'AFP un chef local des rebelles, Alexandre, 54 ans.

Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a cependant dit lundi qu'il n'y avait "pas d'alternative à un cessez-le-feu immédiat" et qu'il devait être appliqué concrètement. "Nous ne sommes guidés par aucune sorte d'ambitions géopolitiques, notre objectif prioritaire est de sauver des vies", a-t-il assuré.

L'homme fort du Kremlin avait déclaré plus tôt soutenir le plan de paix de Kiev tout en réclamant des droits pour les russophones de l'Est et un dialogue "substantiel" avec les rebelles.

- Menaces de nouvelles sanctions contre la Russie -

Avant une réunion à Luxembourg lundi, plusieurs ministres européens des Affaires étrangères ont brandi la menace de nouvelles sanctions si la Russie n'acceptait pas le plan. "Le président Poutine ne doit pas douter que l'UE est prête à prendre de nouvelles mesures" pour sanctionner la Russie, a averti le ministre britannique, William Hague.

Petro Porochenko, élu le 25 mai avec le soutien des dirigeants occidentaux, s'est aussi entretenu dimanche avec le vice-président américain Joe Biden qui a affirmé, selon Kiev, que la situation dans l'est de l'Ukraine était "l'une des priorités des Etats-Unis".

Dans un discours télévisé à la Nation dimanche, le président Porochenko a affirmé que "le scénario pacifique est notre scénario principal. C'est notre plan A".

"Mais ceux qui ont l'intention d'utiliser ces négociations de paix à seule fin de jouer la montre et de regrouper leurs forces doivent savoir que nous avons un plan B détaillé. Je ne vais pas en parler maintenant parce que je crois que notre plan pacifique va réussir", a ajouté M. Porochenko.

Le plan inclut la création d'une zone tampon de 10 kilomètres à la frontière entre l'Ukraine et la Russie, et un couloir pour les mercenaires russes présents en Ukraine, selon Kiev, leur permettant de rentrer en Russie une fois leurs armes déposées.

Il propose aussi la décentralisation du pouvoir et la protection de la langue russe par le biais d'amendements à la Constitution.

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