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Le président roumain exclut de démissionner après l'arrestation de son frère

23/06/2014 12:10 EDT | Actualisé 23/08/2014 05:12 EDT

Le président roumain Traian Basescu a rejeté lundi les appels à la démission lancés par la majorité, assurant une nouvelle fois n'avoir rien à se reprocher dans une affaire visant son frère, mis en détention pour trafic d'influence.

"Je vais poursuivre mon mandat jusqu'au dernier jour", a déclaré M. Basescu lors d'un point de presse, à cinq mois de l'élection présidentielle.

"Je ne prendrai en considération ni des cris (de la majorité, ndlr) ni des déclarations du Parlement" demandant sa démission, a-t-il ajouté.

Le Premier ministre social-démocrate Victor Ponta a à plusieurs reprises appelé M. Basescu à démissionner afin de "sauvegarder le prestige de la justice", tandis que le Parlement pourrait être appelé mercredi à voter sur une déclaration allant dans le même sens.

Le chef de l'Etat a une nouvelle fois assuré n'être "jamais" intervenu en justice, ajoutant que son objectif était, au contraire, de "consolider la lutte contre la corruption".

"Je m'excuse auprès des Roumains pour cet incident malheureux, l'arrestation de mon frère", a-t-il lancé.

Son frère cadet, Mircea, a été placé vendredi en détention provisoire sous l'accusation d'avoir accepté 250.000 euros pour intervenir en faveur d'une figure du milieu criminel, Sandu Anghel, dit "Bercea Mondial", accusé de tentative de meurtre.

Selon les procureurs, Mircea aurait fait valoir sa qualité de frère du président pour "donner de la crédibilité aux affirmations selon lesquelles il aurait pu avoir de l'influence sur les magistrats" afin que Sandu Anghel soit condamné à une peine plus légère.

Ce dernier a toutefois été condamné en mai à huit ans et neuf mois de prison.

Le président Basescu s'était défendu dès jeudi, jour de la convocation de son frère au parquet, de toute implication dans ce scandale, se disant "confiant que la justice fera toute la lumière" sur ce cas.

La justice roumaine, qui fait l'objet d'une surveillance stricte de Bruxelles, s'est montrée de plus en plus efficace dans sa lutte contre la corruption de haut niveau ces dernières années, selon des experts.

Depuis deux ans, un ancien Premier ministre et des ministres reconnus coupables de corruption ont été condamnés à la prison, fait inédit en Roumanie.

mr/mr

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