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France: un faux architecte dépassé par son mensonge défend son oeuvre à son procès

23/06/2014 01:56 EDT | Actualisé 23/08/2014 05:12 EDT

Un homme de 60 ans comparaissait lundi devant le tribunal de Versailles, en région parisienne, pour avoir illégalement exercé pendant 30 ans le métier d'architecte, construisant des écoles, une polyclinique ou encore des crèches avant d'être démasqué.

La justice lui reproche des faits non prescrits d'escroquerie et d'usurpation de diplôme de 2009 à 2013 et d'avoir illégalement répondu à des marchés publics sur cette période pour un montant d'honoraires de 926.000 euros.

Pendant 30 ans, Philippe Leblanc, fils de médecin et ancien président du Lion's club de Mantes-la-Jolie, près de Paris, a construit des bâtiments supérieurs à 170 m2 pour lesquels le recours à un architecte - profession réglementée - est obligatoire.

Problème: le prévenu n'avait pas le diplôme et n'était pas inscrit à l'ordre des architectes, même s'il s'en prévalait sur son papier à en-tête ou ses tampons où il faisait figurer le numéro d'ordre de son beau-frère, architecte.... dans le sud de la France.

Car le bâtisseur n'était pas allé au bout de ses études d'architecture. Il ne lui manquait plus qu'à déposer son mémoire de fin d'études pour décrocher le fameux sésame.

A la barre, le prévenu a tenté de faire bonne figure malgré cette grosse bêtise qu'il traîne depuis 30 ans. "J'ai repoussé, repoussé, et je ne l'ai jamais fait", a-t-il admis, ajoutant s'être retrouvé "dans l'engrenage du travail".

Oui il a usurpé le titre, mais "tout ce qu'il a fait, il l'a bien construit", a fait valoir avant l'audience son avocat Me Pascal Fournier, estimant qu'aucune des huit parties civiles n'apportait la preuve d'un "désordre avéré".

Mais que se passerait-il si un mur s'écroulait? Trompés par l'usage d'une fausse qualité par le bâtisseur, les assureurs de l'architecte se dégageraient de toute responsabilité en cas de sinistre, ont rappelé leurs avocats.

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