NOUVELLES

Egypte: Al-Jazeera condamne comme "injuste" le verdict contre ses journalistes (directeur)

23/06/2014 06:06 EDT | Actualisé 23/08/2014 05:12 EDT

Le directeur général par intérim du réseau Al-Jazeera a dénoncé lundi comme "injuste" la condamnation par la justice égyptienne de journalistes de la chaîne à des peines allant de sept à dix ans de prison sous l'accusation de soutenir les Frères musulmans du président destitué Mohamed Morsi.

"Nous dénonçons (...) ce genre de jugements injustes", a déclaré Mustafa Sawaq, qui s'est dit "choqué" par les lourdes peines prononcées contre ses journalistes, lors d'une intervention sur la chaîne arabe d'Al-Jazeera.

Il ajouté avoir "été surpris" par le verdict car les preuves présentées par le parquet "ne peuvent justifier un seul jour de prison".

"Il semble que le tribunal n'ait pas examiné sérieusement les arguments (des avocats) de la défense", a-t-il encore dit.

"C'est un jugement politique" et "c'est une tentative de terroriser les journalistes" en Egypte, a-t-il poursuivi, affirmant qu'Al-Jazeera allait continuer à plaider l'innocence de ses employés.

Pour sa part, le directeur d'Al-Jazeera English, Al Anstey, a déclaré que le verdict "défie la logique, le bon sens ou un semblant de justice".

Dans un communiqué, il a ajouté qu'il n'y avait "pas la moindre preuve" sur la culpabilité des journalistes condamnés.

Un tribunal égyptien a condamné lundi à des peines de sept à dix ans de prison trois journalistes d'Al-Jazeera.

Ainsi, l'Egypto-canadien Mohamed Fadel Fahmy, chef du bureau d'Al-Jazeera avant que la chaîne ne soit interdite en Egypte, et son confrère australien Peter Greste ont été condamnés à sept ans de prison, tandis que l'Egyptien Baher Mohamed a écopé de la même peine assortie d'une seconde, de trois ans, portant à 10 le nombre d'années qu'il devra passer en prison. Tous trois étaient détenus depuis près de 160 jours.

Dans cette affaire, qui a provoqué un tollé international, 11 autres accusés jugés par contumace --dont trois journalistes étrangers, deux Britanniques et une Néerlandaise-- ont été condamnés à 10 ans de prison.

Parmi les neuf accusés détenus, outre les trois journalistes, quatre ont été condamnés à sept ans de prison et deux acquittés.

Au total, 16 Egyptiens étaient accusés d'appartenance à une "organisation terroriste" -les Frères musulmans- et d'avoir cherché à "nuire à l'image de l'Egypte" et quatre étrangers d'avoir diffusé "de fausses nouvelles" en vue de soutenir la confrérie.

bur/tm/hj

PLUS:hp