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Dette argentine: un juge américain nomme un avocat pour mener les négociations

23/06/2014 02:28 EDT | Actualisé 23/08/2014 05:12 EDT

Un juge américain a désigné lundi un avocat de Manhattan pour "mener et superviser" les négociations entre l'Argentine et les fonds spéculatifs qui ont fait condamner Buenos Aires à leur verser 1,33 milliard de dollars.

Le juge Thomas Griesa, d'un tribunal fédéral de New York, a nommé Daniel Pollack comme "conseiller spécial en charge de mener et de présider les négociations" sur ce contentieux, alors que l'Argentine affirme qu'elle s'expose à un nouveau défaut de paiement si elle est contrainte à honorer ce versement.

La présidente argentine Cristina Kirchner a demandé vendredi à la justice des Etats-Unis une négociation "juste et équitable" dans ce litige.

En début de semaine dernière, la Cour suprême des Etats-Unis a confirmé le jugement d'un tribunal de New York contraignant l'Argentine à rembourser 1,33 milliard de dollars aux fonds "vautours" NML Capital et Aurelius Management.

Le juriste nommé pour mener ces négociations est un avocat de la firme McCarter & English, spécialisé dans les litiges financiers. Il peut conduire ces discussions en public comme en privé et les deux parties doivent "coopérer" pleinement, selon l'injonction du juge.

Depuis la décision de la Cour suprême, l'Argentine a envoyé des signaux variés. Elle a semblé envisager d'abord un "plan B" consistant à soustraire le remboursement de sa dette restructurée à la loi américaine, et à ne pas rembourser les fonds "vautours" américains, ce que le juge Griesa a rejeté. Elle a aussi annoncé sa volonté de négocier avec la justice américaine.

Depuis la faillite de 2001, Buenos Aires rembourse progressivement sa dette d'environ 100 milliards de dollars contractée auprès de 93% des créanciers privés, qui ont consenti en 2005 et 2010 une remise de dette d'environ 70% dans le cadre d'accords de restructuration de la dette.

Mais les 7% restant, des fonds spéculatifs, ont refusé ces accords et ont eu recours à l'option judiciaire pour réclamer 100% de la valeur nominale de bons qu'ils avaient achetés à bas prix.

Si l'Argentine règle la somme réclamée par NML et Aurelius, les autres fonds spéculatifs pourront exiger le même traitement, ce qui porteraient le montant des paiements à 16 milliards de dollars, soit la moitié des réserves monétaires en devises du pays.

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