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Réélection de Santos en Colombie : un vote pour une "solution politique au conflit" (Farc)

22/06/2014 04:18 EDT | Actualisé 22/08/2014 05:12 EDT

La réélection du président Juan Manuel Santos en Colombie démontre la volonté d'une "solution politique au conflit" et constitue une "obligation" pour tous ses acteurs, a estimé un dirigeant de la guérilla des Farc, cité dimanche dans la presse locale.

"Le peuple colombien a voté pour la solution politique au conflit armé", a estimé Pablo Catatumbo, un des délégués des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) participant aux négociations de paix ouvertes depuis novembre 2012 à Cuba, dans un entretien au quotidien colombien El Espectador.

"Le vainqueur, c'est le désir des gens pour la paix", mais "avec des changements et avec la justice sociale", poursuit le responsable de la guérilla, qui n'avait pas encore officiellement réagi à la réélection du chef de l'État il y a une semaine.

M. Santos, un dirigeant de centre droit âgé de 62 ans, a été reconduit dimanche dernier pour un second mandat de quatre ans après avoir ouvert un processus de paix avec les Farc et plus récemment avec l'Armée de libération nationale (ELN), les deux rebellions d'extrême gauche encore en activité avec respectivement 8.000 et 2.500 combattants, selon les autorités.

"Ce n'est pas la manière de voir de l'établissement, qui imagine que la majorité aurait déjà ordonné aux guérillas leur auto-élimination. Non ce n'est pas cela. Le mandat donné par la nation est d'obtenir une paix avec la justice sociale, qui soit distincte de tout ce que représente le régime actuel", souligne Pablo Catatumbo.

Ce dernier insiste sur le fait que le résultat des élections "implique une obligation pour toutes les parties présentes à la table de négociations". De son côté, la guérilla entend ainsi "assumer de manière responsable ses engagements", notamment vis-à-vis des victimes du conflit, assure-t-il.

"Il n'y a rien de plus révolutionnaire que la vérité, mais une vérité véritable, contextualisée et complète. Sans manichéisme et distorsion", précise le délégué des Farc, accusant les grands médias de "manipulation".

Le conflit intérieur en Colombie, qui a mêlé l'armée à des guérillas, des milices paramilitaires et des bandes criminelles, a fait plusieurs centaines de milliers de morts et plus de cinq millions de déplacés, selon des chiffres officiels.

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