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Mondial-2014 - "On n'est que la petite Suisse"

22/06/2014 01:44 EDT | Actualisé 22/08/2014 05:12 EDT

Tête de série au Mondial-2014 et sixième au classement Fifa, la "Nati" se serait-elle vue trop belle? "On n'est que la petite Suisse", bredouille-t-elle désormais, la joue encore rouge de la claque administrée par la France (5-2).

"Mais ils sont où les petits Suisses ?", chambraient les supporters français, ivres de bonheur, durant la démonstration de Salvador vendredi. A cette condescendance répond désormais, de l'autre côté des Alpes, une certaine humilité.

"Je ne sais pas si les attentes sont montées de l'extérieur ou si c'est nous qui les avons fait monter, avance le milieu Granit Xhaka. On ne doit pas oublier qu'on n'est que la petite Suisse, même si on ne doit se cacher devant aucune équipe. On n'a pas fait de bonnes performances en première mi-temps contre l'Equateur et la France, on était mené à chaque fois, mais on a mieux joué en deuxième période: il faut réussir à être performants pendant 90 minutes".

"On voit que les grandes équipes qui jouent sur l'individualisme sont vite éliminées, alors nous, la petite Suisse, on ne peut pas se le permettre, enchaîne le milieu Blerim Dzemaili. Il faut tout donner ensemble, ce qu'on a toujours fait; on l'a fait contre la France mais on a eu aussi un peu de malchance, ils ont marqué un super but pour le 1-0, le 2-0 est arrivé tout de suite et ça nous a cassé l'espoir".

- Excès de confiance ? -

La relève de la "Nati", incarnée par Xhaka et la star Xherdan Shaqiri, est suspectée, du côté du lac Léman, d'avoir pris la grosse tête sur les bords de l'Atlantique, à Porto Seguro (nord-est), qui signifie "port sûr". Trop ?

Ce sixième rang Fifa a peut-être contribué à surmonter le fameux "complexe suisse", pour verser dans une nouvelle arrogance. Or, la fréquentation du top 10 vient d'une phase de qualification réussie dans un groupe qui comptait des terreurs continentales telles que l'Islande, la Slovénie, la Norvège, l'Albanie et Chypre...

Les deux sélectionneurs, Ottmar Hitzfeld et Didier Deschamps, s'étaient efforcés de refourguer le mistigri du rôle de favori à l'autre, histoire de décharger la pression. A ce jeu-là, le patron des Bleus, s'appuyant sur le classement Fifa et le statut de tête de série de la "Nati", aurait-il trouvé une oreille réceptive chez certains Rouges ?

L'apparent excès de confiance chez la jeune garde s'est en outre doublé d'une faillite de la part des cadres expérimentés, les Behrami, Inler et Lichtsteiner. Peut-être l'élan créé par la victoire à l'arraché contre l'Equateur (2-1), dans les dernières secondes, a-t-il un peu trop masqué les déficiences apparues pendant le temps réglementaire.

- 'Petits devoirs' -

L'encadrement avait pourtant insisté là-dessus, comme le sélectionneur Ottmar Hitzfeld qui avait pointé à chaud des pertes de balle. "On ne doit pas oublier ce qu'il s'est passé avant" le deuxième but, avait aussi rappelé mercredi son adjoint, Michel Pont.

Dimanche, Dzemaili s'est chargé de traduire la nouvelle dimansion prise par la "Nati", plus modeste. "Si on s'est pris des contres, nous la petite Suisse face à la France, ça veut dire qu'on a poussé et qu'on a essayé de jouer", a relevé le remplaçant qui a réduit le score sur coup franc.

"Chacun peut nourrir de grands rêves, mais nous devons d'abord faire nos petits devoirs, et c'est battre le Honduras et montrer la volonté qu'on a déjà su montrer", poursuit-il, sachant que la Suisse avait déjà buté sur la petite nation centre-américaine au Mondial-2010, un 0-0 synonyme d'élimination dès le premier tour.

Contre la France, "on n'était pas favori, et le problème c'est qu'on a perdu 5-2, remarque-t-il aussi. Si on avait perdu 1-0, personne n'y aurait rien trouvé à redire". Evidemment, pas un joueur suisse n'y aurait souscrit avant le match...

ybl/fbx

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