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Déplacements en avion au Québec: Coiteux veut serrer la vis aux ministres

22/06/2014 12:00 EDT | Actualisé 22/08/2014 05:12 EDT

QUÉBEC - Les ministres vont devoir réfléchir avant de prendre place dans un avion, s'ils veulent se conformer au régime d'austérité budgétaire mis en place par le gouvernement Couillard.

Durant l'étude des crédits de son ministère au cours de la dernière semaine, le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, a exhorté ses collègues ministres à renoncer à l'avion lors de leurs déplacements au Québec.

Cependant, il n'existe aucune règle ou directive limitant le nombre de trajets aériens effectués par les membres du conseil des ministres, qui disposent tous d'une limousine avec chauffeur-garde du corps pour leurs déplacements. Donc, en principe, rien n'empêche un ministre de continuer à utiliser l'avion, aussi souvent qu'il le désire, quand bon lui semble, malgré le contexte d'austérité budgétaire.

M. Coiteux a pointé du doigt son prédécesseur, le député péquiste Stéphane Bédard, qui a dépensé près de 15 000 $ de fonds publics en frais de transport aérien pour ses déplacements au Québec, durant l'exercice 2013-2014, alors qu'il disposait, comme tous ses collègues, d'une voiture avec chauffeur.

Pour une seule journée, le 21 juin 2013, M. Bédard a présenté une facture de transport aérien de 4311 $, pour effectuer le trajet Bagotville-Montréal-Bagotville. Il s'était rendu à Montréal pour tenir une conférence de presse sur l'octroi de contrats publics, et affirmer que les compagnies devaient montrer patte blanche sur le plan de l'intégrité pour espérer décrocher des contrats gouvernementaux.

Ce type de dépenses qu'il juge «somptuaires» est désormais inacceptable, aux yeux de M. Coiteux, convaincu «qu'au sommet de l'État» les élus ont le devoir d'être «totalement exemplaires».

À l'avenir, les ministres devraient donc limiter leurs déplacements au Québec par voie aérienne, soit le mode de transport le plus coûteux, «aux cas les plus nécessaires», selon celui qui tient serrés les cordons de la bourse.

Le ministre a rappelé que l'objectif de compression de trois pour cent des dépenses gouvernementales, annoncé en avril par le premier ministre Philippe Couillard, incluait le transport aérien des membres du cabinet, qui doivent se montrer «irréprochables».

C'est «une nouvelle ère qui commence», a-t-il dit, en soulignant que lui-même ne se «déplace qu'en voiture».

«Je n'ai pas besoin de prendre l'avion», a dit le député-ministre montréalais, cherchant à donner l'exemple.

De tous temps, malgré son coût élevé et malgré les limousines fournies aux ministres, le transport aérien a été une pratique répandue parmi les membres du cabinet. Dans le passé, les libéraux ont d'ailleurs démontré qu'ils affectionnaient l'avion autant sinon plus que les péquistes.

Le champion en ce domaine du gouvernement Charest était l'ex-ministre des Finances Raymond Bachand.

En six ans, de 2006 à 2012, ses trajets dans les airs entre la capitale et la métropole ont coûté aux contribuables la somme totale de 72 783 $, selon des données obtenues par la Loi d'accès à l'information.

Un aller simple Québec-Montréal, effectué par M. Bachand le 22 mai 2007, avait grugé la coquette somme de 1685 $ de fonds publics.

Dans le cas de M. Bachand, l'année 2007 a été la plus active, vue sous l'angle du transport aérien. Pour cette année seulement, la facture de son transport par avion, uniquement pour ses trajets entre la métropole et la capitale, frôle les 30 000 $. Cette année-là, il a fait ce trajet par la voie des airs à 19 reprises.

Un exemple: le 26 juin 2007, toujours en avion, il a quitté Montréal pour se rendre à Québec, avant de retourner à Montréal et finir la journée à Québec. Coût du billet d'avion pour cette triple envolée: 3412 $.

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