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Deux nouvelles hypothèses pour expliquer le lien entre stress et infarctus

22/06/2014 01:00 EDT | Actualisé 22/08/2014 05:12 EDT
Sam Edwards via Getty Images

Pourquoi les personnes stressées font-elles plus souvent des infarctus ou des accidents vasculaires cérébraux (AVC) que les autres? Deux nouvelles hypothèses ont été avancées par des chercheurs américains dans de récentes études.

Selon des travaux publiés dimanche dans la revue scientifique Nature Medicine, le stress chronique "affecte le système immunitaire en augmentant le nombre des globules blancs et en aggravant l'inflammation de la plaque d'athérome dans les artères", indique un résumé de l'article.

Les globules blancs jouent un rôle essentiel dans la lutte contre les infections. "Mais lorsque vous en avez trop ou qu'ils se trouvent à la mauvaise place, ils peuvent être néfastes", souligne Matthias Nahrendorf de la Harvard Medical School à Boston, l'un des coauteurs de l'étude.

La plaque d'athérome est une accumulation progressive de dépôts, notamment graisseux, sur la paroi des artères qui finissent par durcir et se rétrécir. Lorsque la plaque se rompt ou se détache, elle peut former des caillots susceptibles d'entraîner des infarctus ou des AVC.

Les chercheurs ont étudié 29 internes travaillant dans une unité de soins intensifs en les soumettant à des prélèvements sanguins pendant les heures de travail mais également lorsqu'ils étaient en congés.

Ils les ont également interrogés sur le stress ressenti grâce à des questionnaires.

En comparant les prélèvements, ils ont pu montrer que le stress activait les cellules souches de moelle osseuse provoquant une surproduction de globules blancs.

Les globules en excès avaient tendance à s'agréger ensemble sur la paroi interne des artères, aggravant l'inflammation de la plaque d'athérome et aboutissant à la formation de caillots.

Dans une autre étude publiée il y a quelques jours dans mBio, la revue de la société américaine de microbiologie, d'autres chercheurs avaient évoqué le rôle de bactéries dans la fragilisation des plaques d'athérome.

Selon David Davies, de l'université new-yorkaise de Binghampton, le stress libère des hormones qui s'attaquent à une sorte de film adhésif présent à l'intérieur des artères.

Ce film adhésif -ou "biofilm"- agglutine des bactéries. Lorsqu'elles reçoivent un signal moléculaire, elles s'en libèrent en secrétant des enzymes, qui peuvent également déstabiliser la plaque d'athérome.

Pour parvenir à leurs conclusions, les chercheurs ont cultivé différentes espèces de bactéries prélevées sur des artères carotides qu'ils ont soumises à la norépinéphrine, une hormone de stress. Au moins l'une d'entre - la Pseudomonas aeruginosa - était capable de disperser le biofilm.

Selon le chercheur, la gestion de cette bactérie dans les lésions de la plaque artérielle pourrait être "aussi importante que celle du cholestérol".

Le cholestérol fait partie des facteurs de risques des maladies cardiovasculaires parmi lesquelles on trouve également l'hypertension, le tabac, l'obésité, le diabète ou les prédispositions génétiques.

Selon une étude française publiées l'an dernier, les personnes qui se plaignent de l'effet du stress sur leur santé courent deux fois plus de risques de faire une crise cardiaque que celles qui ne se déclarent pas stressées.

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