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Wimbledon - Marion Bartoli: "Gagner un Grand Chelem est un long chemin"

21/06/2014 09:52 EDT | Actualisé 21/08/2014 05:12 EDT

Marion Bartoli, victorieuse de Wimbledon 2013 avant de mettre un terme à sa carrière, estime que la nouvelle génération tricolore a du potentiel mais aura besoin de temps pour offrir un nouveau titre à la France en Grand Chelem.

Q: Qu'avez-vous ressenti en rejouant lors d'un tournoi-exhibition à Liverpool?

R: "C'était douloureux. C'est le moins que l'on puisse dire. Cela m'a montré que je ne peux plus rejouer. Je me suis abîmé une épaule ce qui m'a empêché de bien servir et de bien tenir la raquette. Cela montre à quel point le tennis est vraiment fini pour moi. Je peux jouer encore pour m'amuser, faire des doubles mais en simple, ce n'est plus possible. Cela faisait un an que je n'avais pas joué sur gazon. Je n'y étais pas vraiment préparée et n'en avais pas le temps avec mes activités à côté."

Q: La compétition, c'est donc vraiment derrière vous?

R: "Oui. Le tennis n'est vraiment pas ce qu'il y a de capital pour moi en ce moment. C'est très secondaire. Aujourd'hui, je suis à fond dans des projets de mode. J'ai lancé ma marque de chaussures, une ligne de tatouages pour l'équipe de France de football et travaille sur une collection de vêtements qui arrivera en début d'année prochaine avec des sacs de tennis. C'est ce qui me prend le plus de temps. Tout le reste, la pratique du tennis en tous cas, c'est très, très loin."

Q: Jouez-vous toujours de façon régulière?

R: "Non, pas du tout. Je joue très peu. J'essaie quand j'ai un peu de temps, ce qui est très rare. J'adore le tennis mais je n'ai désormais plus beaucoup de temps libre."

Q: Qu'est-ce que cela vous fait de revenir sur le terrain de vos exploits un an après?

R: "Je suis très heureuse. C'est un bonheur absolu de revenir là-bas, de voir mon nom gravé sur le panneau des vainqueurs. Cela fera remonter beaucoup de souvenirs positifs. Je suis invitée pour le premier jour et la finale dames. En plus je ne jouerai pas, donc je resterai toujours sur une victoire à Wimbledon. Je vais vraiment apprécier ces bons souvenirs sans avoir cette année la pression de préparer les matches."

Q: Jugez-vous votre victoire à Wimbledon inespérée?

R: "Inespérée non, parce que j'ai travaillé pendant longtemps pour y arriver. Inattendue certainement. L'inattendu fait partie de la beauté du sport. J'y ai toujours cru, je me suis accrochée à mon rêve et j'ai réussi."

Q: Quel regard portez-vous sur la nouvelle génération française, les résultats de Caroline Garcia et de Kristina Mladenovic notamment?

R: "Je suis très heureuse pour elles. Je connais bien Kiki et Caro. On a fait la Fed Cup ensemble. Je suis très proche de Kiki qui était dans mon box pendant Wimbledon (en 2013). Je suis vraiment heureuse qu'elle commence à gagner des matches contre des filles très fortes. Elle a du potentiel et j'espère qu'elle pourra monter encore plus haut."

Q: "Que leur manque-t-il pour remporter un Grand Chelem?

R: "Un Grand Chelem, cela ne se fait pas du premier coup. C'est un long chemin. Il faut être dans le top 15, top 10, être très régulière, faire des quarts et des demies. Kristina et Caroline font partie des Françaises ayant le plus de chances parce qu'elles ont encore de nombreuses années devant elles. Mais pour l'instant, aucune n'a atteint les quarts en Grand Chelem. Il faut en faire un, deux ou trois pour se sentir proche de la finale et envisager de remporter un tournoi majeur."

Propos recueillis par Ludovic LUPPINO

ll/jde

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