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Ukraine: les combats se poursuivent en dépit d'un cessez-le-feu

21/06/2014 08:55 EDT | Actualisé 21/08/2014 05:12 EDT

Les tirs se poursuivaient samedi dans l'est de l'Ukraine en dépit d'un cessez-le-feu unilatéral décrété par Kiev alors que Vladimir Poutine a placé les forces armées du centre de la Russie en "état d'alerte".

L'Ukraine a dénoncé une attaque séparatiste visant des gardes-frontières dans la région de Donestk, l'un des bastions rebelles. Près de Slaviansk, autre fief insurgé, les habitants d'un village continuaient samedi d'entendre des échanges de tirs entre insurgés et forces gouvernementales.

"Ca a tiré hier soir, puis ce matin à partir de 4 heures et ça continue maintenant. Il n'y a pas de cessez-le-feu", a affirmé à l'AFP Lila Ivanovna, dans le village d'Andriivka, près de Slaviansk. Pendant qu'elle parle, l'artillerie ukrainienne installée sur une colline dominant le village tire quelques coups de feu en direction de Slaviansk.

Le nouveau président Petro Porochenko a ordonné vendredi à ses troupes un cessez-le-feu d'une semaine, en espérant que les rebelles déposent les armes, dans le cadre d'un plan de paix pour mettre fin à une insurrection séparatiste dans l'Est.

Les combats entre séparatistes et l'armée ont fait plus de 370 morts depuis avril.

Pourtant quelques heures après l'entrée en vigueur du cessez-le-feu à 22H00 (19H00 GMT), trois soldats ont été blessés dans une attaque au mortier ayant visé dans la nuit l'une de leurs positions dans la région de Donestk, a indiqué le service ukrainien des gardes-frontières.

Dans une deuxième attaque, les rebelles ont tenté de cibler un poste de contrôle. "Les gardes ont ouvert le feu et repoussé l'attaque", selon le communiqué.

Selon le ministère ukrainien de la Défense les séparatistes "essaient de déstabiliser la situation dans l'Est, au mépris des vies et de la santé des civils". La présidence ukrainienne avait indiqué vendredi que le cessez-le-feu unilatéral "ne signifie pas que nous ne répondrons pas en cas d'agression contre nos troupes".

Parallèlement, le ministère russe de la Défense a annoncé que M. Poutine avait placé les forces armées du district militaire central du pays "en état d'alerte" pour des manoeuvres jusqu'au 28 juin. Cette annonce intervient alors que Moscou a confirmé avoir renforcé ses troupes à la frontière avec l'Ukraine.

Selon le chef d'état-major de l'armée russe, Valeri Gerasimov, plus de 65.000 soldats et plus de 180 avions, une soixantaine d'hélicoptères et quelque 5.500 unités d'équipement militaire participeraient aux exercices de ces troupes basées dans l'Oural et dans l'ouest de la Sibérie, à 400 km de l'Ukraine.

- Moscou dénonce une "intensification" des opérations -

La dernière attaque séparatiste est survenue au lendemain d'accusations de la Russie portant sur un tir de mortier effectué depuis le territoire ukrainien sur un poste-frontière russe, blessant un douanier. Moscou a demandé "une explication et des excuses" mais le ministère de la Défense ukrainien a nié l'utilisation d'artillerie ou de mortiers dans cette région frontalière.

"Le fait que ladite opération antiterroriste (de l'Ukraine) connaisse une intensification parallèlement à l'avancement du plan de paix est très alarmant et inquiétant", a déclaré samedi depuis l'Arabie saoudite le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov.

"Le territoire russe a été déjà visé par des tirs et il y a eu des dégâts en territoire russe et des blessés", a ajouté le ministre russe.

Le cessez-le-feu provisoire a été rejeté vendredi par la Russie et les séparatistes.

"Une première analyse montre malheureusement que ce n'est pas une invitation à la paix et à des négociations, mais un ultimatum adressé aux insurgés du sud-est de l'Ukraine pour qu'ils déposent leurs armes", a réagi le service de presse du Kremlin.

Un dirigeant de la république séparatiste autoproclamée de Lougansk, Valerii Bolotov, a, lui, affirmé que "personne ne déposera les armes tant qu'il n'y aura pas de retrait complet des troupes (gouvernementales ukrainiennes) de notre territoire".

A l'aune de ces réactions, le président américain Barack Obama et son homologue français François Hollande ont brandi la menace de "nouvelles mesures contre la Russie" faute de désescalade en Ukraine, a indiqué vendredi la présidence française.

Plus tôt, les Etats-Unis avaient averti qu'ils n'accepteraient ni la présence ni l'intervention de troupes russes dans l'est de l'Ukraine, alors que plusieurs responsables occidentaux se sont inquiétés d'un renforcement des troupes russes à la frontière.

Le président pro-occidental Porochenko a annoncé le cessez-le-feu devant inaugurer un ambitieux plan de paix, portant notamment sur le désarmement et la mise en place une zone tampon le long de la frontière russo-ukrainienne.

Son plan stipule aussi la fin de "l'occupation illégale" des bâtiments de l'administration régionale de Donetsk et de Lougansk contrôlés par les rebelles, l'organisation rapide d'élections législatives locales et un programme pour la création d'emplois dans la région.

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