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Présidentielle afghane: manifestations antifraudes dans les rues de Kaboul

21/06/2014 02:03 EDT | Actualisé 20/08/2014 05:12 EDT

Des manifestations contre la fraude dans la présidentielle afghane se déroulaient samedi dans les rues de Kaboul après un second tour âprement contesté par le candidat arrivé en tête au premier tour, Abdullah Abdullah, a constaté l'AFP.

Peu avant 09H30 locales (05H00 GMT), plusieurs dizaines de partisans de M. Abdullah ont commencé à se rassembler dans au moins trois points de la ville.

"Nous défendrons notre vote, jusqu'à la dernière goutte de notre sang", pouvait-on lire sur l'une des banderoles.

Ces manifestations, placées sous haute surveillance, interviennent dans un contexte de crise politique aiguë, après un second tour, le 14 juin, pourtant salué comme réussi par la communauté internationale.

M. Abdullah avait annoncé cette semaine qu'il boycottait la commission électorale indépendante (IEC) et qu'il s'apprêtait à rejeter tout résultat annoncé par cet organisme en raison, selon lui, de fortes suspicions de fraude à son détriment.

Le candidat mécontent était arrivé en tête au premier tour de la présidentielle le 5 avril avec 45% des voix. Il devançait largement son adversaire Ashraf Ghani (31,6%).

M. Abdullah avait assuré n'avoir plus confiance dans les institutions électorales, y compris la Commission des plaintes électorales (ECC) chargée d'examiner les irrégularités. Le camp Abdullah dénonce l'implication de M. Ghani, bénéficiaire présumé de la fraude et le président Hamid Karzaï, responsable selon lui de la situation.

M. Ghani avait rejeté en bloc les accusations de son rival, affirmant qu'il s'agissait d'un "manque de respect" pour ses électeurs.

Dans ce contexte, la journée de samedi a commencé samedi à Kaboul par un attentat suicide visant un membre du Haut conseil pour la paix. L'explosion a tué un passant et blessé quatre autres personnes, mais le haut responsable du conseil Massoum Stanikzai a survécu à l'attaque.

La mission des Nations unies en Afghanistan a averti cette semaine que si les candidats "abandonnent le processus légal et font appel directement à leurs partisans, cela pourrait inciter à la violence". "Certaines personnes ont déjà appelé à la désobéissance civile", a déploré la mission onusienne.

Vendredi, le président Karzaï s'est pourtant montré accommodant en intervenant pour la première fois dans le processus électoral. Dans un communiqué, il a approuvé une médiation de l'ONU, proposée par M. Abdullah, pour tenter de trouver une solution à la crise.

bur-emp/pt

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