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Iran: la justice doit être impartiale, selon Rohani

21/06/2014 05:04 EDT | Actualisé 20/08/2014 05:12 EDT

Le président iranien Hassan Rohani a appelé samedi l'Autorité judiciaire à rester impartiale et imperméable aux influences politiques, une rare critique à cette branche du pouvoir contrôlée par les conservateurs.

M. Rohani, qui se présente comme un modéré, s'exprimait devant une centaine de juges et de responsables de la Justice, dont le chef du pouvoir judiciaire, l'ayatollah Sadegh Larijani.

La Justice, qui applique la charia (loi islamique) depuis la Révolution de 1979, est indépendante par rapport aux pouvoirs législatif et exécutif, selon la Constitution.

"La Justice doit rester non-partisane (...) les décisions d'un tribunal doivent être rendues par le tribunal, pas par quelqu'un estimant avoir de l'influence", a-t-il déclaré lors de son discours retransmis en direct à la télévision.

"Les factions politiques peuvent faire des commentaires mais ne devraient pas être autorisées à rendre des décisions (...) aucun groupe d'intérêts ne devrait pouvoir influencer le tribunal, ou le juge", a-t-il ajouté, sans donner de précision.

M. Rohani, un religieux de rang intermédiaire, a également demandé à la justice de faire prévaloir la présomption d'innocence qui "parfois n'est pas appliquée".

"Le tribunal doit parler selon la Loi et agir selon la Loi, peu importe l'accusé", a-t-il dit.

Cette semaine, un universitaire iranien a été condamné à 18 mois de prison pour avoir remis en question les acquis du programme nucléaire controversé de Téhéran et s'être interrogé sur la condamnation à mort d'un banquier coupable d'escroquerie.

Sadegh Zibakalam, professeur de sciences politiques à l'Université de Téhéran et analyste politique connu, soutient la politique de M. Rohani dans les négociations nucléaires face à l'opposition de certains conservateurs qui estiment que Téhéran a fait trop de concessions dans les discussions.

Les opinions de M. Rohani sur les libertés sociales sont aussi considérées trop libérales par les conservateurs. En mai, il avait affirmé qu'on ne pouvait pas "emmener les gens au paradis à coup de fouets", une déclaration critiquée par des responsables religieux dont l'ayatollah Larijani.

Plus tôt, M. Rohani avait également défendu la liberté de la presse après l'interdiction de plusieurs journaux, la plupart réformateurs, accusés d'avoir publié de fausses informations. La fermeture d'un journal devrait être "la dernière solution", avait-il estimé en mars.

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