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Yémen: intensification des combats au nord de Sanaa

20/06/2014 08:43 EDT | Actualisé 20/08/2014 05:12 EDT

Les combats entre rebelles chiites d'Ansarullah et l'armée yéménite se sont intensifiés ces dernières 48 heures en dépit d'une mise en garde du président Abd Rabbo Mansour Hadi contre une escalade militaire au nord de la capitale.

L'aviation yéménite est intervenue à au moins huit reprises vendredi pour tenter de desserrer l'étau des rebelles contre les troupes au sol dans plusieurs positions dont certaines sont situées à 15 kilomètres de la capitale, ont indiqué des responsables de l'administration locale et des chefs tribaux.

"Les combats ont fait des dizaines de morts des deux côtés ces dernières 48 heures", a affirmé une source tribale, sans être en mesure de donner un bilan plus précis.

L'artillerie de l'armée a pilonné des positions à Hemdane, Bani Matar, Iyal Sreih, toutes situées dans la province d'Amrane et tenues par les rebelles, selon des responsables locaux.

L'aviation a ciblé pour sa part des positions rebelles à Bani Meymoun et Bani Zoubeïr, alors que des convois de l'armée, transportant des renforts, ont été vus quitter la capitale en direction des zones de combat.

Un responsable gouvernemental a accusé les rebelles de tenter de prendre le contrôle du mont de Jebel al-Dhafir à la sortie nord-ouest de Sanaa dans une tentative de couper la route reliant la capitale à Hodeida, grande ville côtière de l'ouest du pays.

Le président Hadi, cité vendredi par les médias officiels, a déclaré qu'"il faut se dresser avec force contre la poursuite des affrontements dans la province d'Amrane".

"Il est inacceptable d'assister à une extension des affrontements en violation des accords conclus et les houthis (rebelles chiites) doivent apaiser la situation et ne pas franchir les lignes rouges", a-t-il ajouté.

Une trêve conclue le 4 juin entre rebelles et armée s'est effondrée quelques jours plus tard.

Les rebelles chiites d'Ansarullah sont fortement implantés dans le nord du pays et contrôlent la province de Saada. Ils sont soupçonnés de chercher à gagner du terrain pour élargir leur zone d'influence dans le futur Etat fédéral, qui doit compter six provinces.

Ils avaient pris début février, après des affrontements ayant fait 150 morts, certaines localités de la province d'Amrane, en délogeant le clan des Al-Ahmar, les puissants chefs de la confédération tribale des Hached.

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