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Syrie: Damas refuse de céder sur la question de l'aide humanitaire

20/06/2014 09:07 EDT | Actualisé 20/08/2014 05:12 EDT

La Syrie affirme que toute tentative de livrer de l'aide humanitaire aux régions sous contrôle rebelle sans l'approbation du gouvernement était l'équivalent d'«une attaque contre l'État syrien», ainsi que contre son intégrité territoriale et son indépendance politique.

L'ambassadeur syrien aux Nations unies Bashar Ja'afari a envoyé une lettre au secrétaire général Ban Ki-moon et au Conseil de sécurité de la part de plusieurs dizaines d'avocats syriens et arabes protestant contre un projet de résolution qui autoriserait la livraison d'aide humanitaire en Syrie via quatre points de contrôle frontalier sans l'approbation du gouvernement du président Bachar el-Assad.

Actuellement, toute l'aide humanitaire onusienne doit passer par Damas — une pratique critiquée à répétition par la chef des services humanitaires, Valerie Amos.

D'importants membres du conseil ont négocié le texte du projet de résolution — tout d'abord présenté par l'Australie, le Luxembourg et la Jordanie —, et ce pendant plusieurs semaines.

L'ambassadeur australien à l'ONU Gary Quinlan a indiqué que 90 pour cent de l'aide humanitaire était redirigée «vers des régions contrôlées par le gouvernement», et que les Syriens se trouvaient dans les zones rebelles ne recevant pas de nourriture et de médicaments. Autoriser l'accès humanitaire à deux postes-frontières en Turquie, ainsi qu'à un endroit en Jordanie et un autre en Irak, permettrait d'aider plus de deux millions de personnes laissées pour compte, dit-il.

Les avocats ne pourraient être plus en désaccord.

«Le seul objectif de l'initiative est d'utiliser les moyens des Nations unies pour livrer un appui logistique aux terroristes, en préparation de la mise sur pied de «corridors humanitaires» sous la protection des mêmes États ayant amené le terrorisme sur le territoire national syrien, ont-ils dit.

La résolution a d'abord été rédigée en vertu du chapitre 7 de la Charte des Nations unies, ce qui signifie que son respect pourrait être forcé par des moyens militaires, mais cet aspect a été abandonné à la demande de la Russie, le plus important allié de Damas.

Selon l'ambassadeur russe aux Nations unies Vitali Chourkine, Moscou est arrivé à «une formule élégante et innovatrice» qui permettrait à l'aide humanitaire d'entrer par les quatre postes frontaliers «qui simplifiera les procédures humanitaires lorsque les fournitures seront sur le territoire syrien».

Il a ajouté que les membres occidentaux du conseil évaluaient la proposition de résolution depuis mardi et a dit espérer que celle-ci soit rapidement adoptée.

En février, les 15 membres du conseil ont voté en faveur d'une résolution réclamant que toutes les parties impliquées dans le conflit syrien permettent un accès immédiat à l'aide humanitaire. Des responsables onusiens ont mentionné que cette résolution n'avait pas changé la situation humanitaire catastrophique.

De son côté, M. Ban a indiqué, dans la plus récente édition du rapport onusien présenté au Conseil de sécurité, que la situation humanitaire est de pire en pire en Syrie, et que le nombre de gens nécessitant de l'aide de toute urgence atteignait désormais 10,8 millions, soit près de la moitié des 22 millions d'habitants du pays.

Par ailleurs, le nombre de personnes vivant dans des endroits difficiles ou impossibles d'accès pour les travailleurs humanitaires a bondi de 3,5 à 4,7 millions de personnes, a fait savoir Ban Ki-moon.

«Les efforts pour développer davantage l'aide humanitaire destinée aux gens dont les besoins sont les plus importants ont été confrontés à des retards et de l'obstruction», a-t-il dit.

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