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Send a Heart to Ali: de l'espoir pour les enfants réfugiés syriens

20/06/2014 06:56 EDT | Actualisé 20/06/2014 07:07 EDT
Mahzad Sharifahmadian

Ali a de grands yeux bruns et un sourire que l’on devine timide, hésitant. Le petit garçon tient contre sa poitrine une feuille blanche ornée d’un large cœur bariolé de rouge. À douze ans, Ali est l’un des quelque deux millions et demi de Syriens réfugiés dans les pays voisins, parmi lesquels la moitié sont des enfants. Sa photo a été prise le 20 mai dernier dans le camp d’Azraq, en Jordanie, par une employée de L’Agence des Nations Unies pour les réfugiés.

«Il y a tout juste deux semaines, les enfants dessinaient seulement des fusils et des bombes», a précisé Aoife McDonnell en partageant la photo sur son compte Twitter personnel.

ali heart

C’est en voyant cette image que la Montréalaise Mahzad Sharifahmadian, doctorante en biochimie de 26 ans et militante convaincue, a décidé d’agir. Car le dessin d’Ali est un message d’espoir, mais surtout un rappel tragique des conséquences de la guerre civile qui fait rage en Syrie depuis 2011 : neuf millions de personnes ont été contraintes de quitter leur foyer, et survivent dans des conditions extrêmement précaires. Or, constate Mme Sharifahmadian, «la plupart des gens ignorent tout de cette réalité : les médias ne parlent pas assez de l’aspect humain du conflit.»

C’est pourquoi elle a créé, quelques jours plus tard, le hashtag #sendahearttoali ainsi que la page Facebook Send a Heart to Ali («Envoyez un cœur à Ali»), afin d’inciter le plus de monde possible à exprimer leur soutien aux enfants réfugiés syriens.

«Nous voulons répondre au message d’amour envoyé par Ali, montrer à ces enfants que nous ne les avons pas oubliés», peut-on y lire. Moins d’un mois après sa création, la page est suivie par plus de 320 usagers. Des dizaines d’internautes issus des quatre coins du globe ont répondu à l’appel de l’étudiante et envoient des photos d’eux-mêmes, brandissant à leur tour le dessin d’un cœur ou formant avec leurs mains le symbole d’amour universel.

Avec cette initiative, la jeune femme espère lancer un buzz qui permettra d’informer et de sensibiliser un nombre croissant de citoyens au sort des enfants réfugiés syriens.

«Cette génération constitue le futur peuple de Syrie. S’ils n’ont connu que la violence, ils risquent de la reproduire. Comment briser le cycle?», s’interroge-t-elle.

De fait, l’Organisation des Nations unies a alerté récemment l’opinion publique quant aux graves conséquences sur ces enfants de trois années consécutives de conflit.

Mahzad Sharifahmadian a donc choisi d’offrir sa collaboration au Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR). Elle souhaite, à travers le projet Send a Heart to Ali, organiser une collecte de fonds en faveur des actions humanitaires de cet organisme en Syrie.

Pense-t-elle y parvenir grâce au seul pouvoir de Facebook et d’un hashtag? La jeune femme est consciente des limites et des critiques adressées aux réseaux sociaux. Elle rappelle cependant le rôle prépondérant des nouveaux médias durant le printemps arabe et rétorque : «En tant que simples citoyens, que pouvons-nous faire à part utiliser les outils à notre disposition? Il est indispensable de s’informer, et les réseaux sociaux ont ce pouvoir.»

En cette Journée mondiale des réfugiés, espérons que son message sera entendu.

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