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Nucléaire iranien: le plus dur reste à faire

20/06/2014 12:42 EDT | Actualisé 20/08/2014 05:12 EDT

Les grandes puissances et l'Iran ont admis vendredi être encore loin d'un accord sur le dossier nucléaire, et se préparent à un marathon de rencontres dans l'espoir d'aboutir à la date butoir du 20 juillet.

La décision de se retrouver dès le 2 juillet à Vienne a été annoncée après cinq jours de dialogue difficile dans la capitale autrichienne, où les parties se sont heurtées à d'importants points de blocage.

"Sur les principales questions, il n'y a pas encore d'accord. Dans certains cas, on peut entrevoir une lueur et dans d'autres pas", a déclaré le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif à la télévision iranienne depuis Vienne.

Les négociations de cette semaine ont été "très dures mais constructives", a déclaré de son côté Wendy Sherman, la négociatrice en chef américaine.

"Nous ne savons pas encore", a-t-elle ajouté, "si l'Iran est prêt à prendre toutes les mesures nécessaires pour garantir au monde que son programme nucléaire est et restera exclusivement pacifique."

Le 5+1 (Allemagne, Chine, Etats-Unis, France, Royaume-Uni et Russie) et la République islamique négocient depuis le début de l'année un accord historique devant garantir aux grandes puissances que l'Iran ne cherche pas à se doter de la bombe atomique, en échange de la levée des sanctions internationales qui privent Téhéran, chaque semaine, de milliards de dollars de revenus du pétrole.

Le premier sujet en travers d'un accord est l'enrichissement d'uranium, qui permet à un degré élevé d'obtenir le combustible d'une arme nucléaire. Téhéran, qui a toujours affirmé que son programme nucléaire était uniquement civil, insiste pour conserver sa capacité d'enrichissement.

Concrètement, le marchandage devrait concerner le nombre de centrifugeuses - machines utilisées pour enrichir l'uranium - que la République islamique pourrait conserver après un accord. Les Occidentaux veulent une réduction drastique de leur nombre.

Le second différend majeur concerne le rythme de la levée des sanctions après un éventuel accord.

Les 5+1 accepteraient une levée rapide, après un accord, des sanctions économiques et financières dites "unilatérales" prises par l'Union européenne et les Etats-Unis. Il y aurait ensuite "un démantèlement progressif" des sanctions infligées à l'Iran par l'ONU.

L'accord temporaire de novembre 2013, qui a permis de lancer la négociation, prévoit un dégel des sanctions à hauteur de 4,2 milliards de dollars, un niveau "extrêmement limité" et "réversible", a souligné mercredi Jacob Lew, secrétaire américain au Trésor.

Vendredi, le ministre iranien a reproché aux Etats-Unis "une position plus dure que celle des autres pays".

- Négocier tous les jours ou presque -

Les deux parties se retrouvaient pour la cinquième fois, en autant de mois, à Vienne. Après avoir défini le cadre de la discussion, elles ont entrepris depuis mai la rédaction d'un document commun, exercice qui a révélé l'ampleur des désaccords.

Dans l'espoir d'avancer, les deux parties avaient ajouté à leurs agendas plusieurs jours d'entretiens bilatéraux à Genève au début du mois. Et selon une source américaine, on négociera désormais "sous une forme ou une autre" tous les jours ou presque jusqu'au 20 juillet, date butoir fixée par les parties pour aboutir à un accord.

Ni l'Iran, ni les 5+1 n'ont envisagé publiquement jusqu'à présent de prolonger la discussion pour six mois - une possibilité prévue par l'accord temporaire.

Le tabou a toutefois commencé d'être brisé par M. Zarif, qui a affirmé avant de quitter Vienne que les négociations allaient se poursuivre "tant qu'elles seraient utiles".

Le ministre iranien a toutefois jugé "normal" que dans une telle négociation, les questions les plus épineuses soient réglées à la dernière minute.

Une source au sein des 5+1 avait fait la même observation jeudi soir.

Prolonger les discussions serait risqué politiquement, tant pour les Etats-Unis, qui éliront en novembre un nouveau Congrès sans doute encore plus méfiant envers l'Iran, que pour le président iranien Rohani, en butte à la suspicion des conservateurs du régime.

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