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Mondial-2014 - Angleterre: on fait quoi maintenant?

20/06/2014 09:35 EDT | Actualisé 20/08/2014 05:12 EDT

L'Angleterre, éliminée du Mondial-2014 après ses deux défaites, se tire toute seule, année après année, une balle dans le pied et va devoir accélérer ses réformes pour renouer avec le haut niveau.

Après deux revers initiaux, elle est même devenue vendredi après la défaite de l'Italie contre le Costa Rica l'équipe la plus rapide à rentrer à la maison depuis ses prédécesseurs de 1958.

- Hodgson confirmé -

L'élimination "confirme un autre tournoi non satisfaisant et Hodgson aura vraiment conscience que cette fois-ci l'enquête sera nettement moins sympathique", a titré The Guardian.

En 2012, à peine arrivé, le sélectionneur s'en était sorti à l'Euro par une élimination honorable en quarts contre l'Italie aux tirs au but.

Cette fois-ci, le bonhomme entraîneur va se retrouver exposé et les bookmakers avaient déjà fait de son adjoint Gary Neville l'un des favoris pour le remplacer... avant que la Fédération anglaise (FA) ne mette fin au débat naissant en indiquant vouloir continuer avec son technicien.

"Ce sont de courtes défaites et ce sont aux gens du football de voir ce qui n'a pas marché", a déclaré le président Greg Dyke.

"Je suis amer, bien sûr, mais je ne crois pas qu'il faille partir, avait auparavant répondu le sélectionneur. D'un autre côté, si la FA pense que je ne suis plus l'homme de la situation, ce sera leur décision, pas la mienne".

De son propre aveu "dévasté", il est toutefois aussi apparu dépassé et impuissant après le revers contre l'Uruguay (2-1).

Agé de 66 ans et sous contrat jusqu'à l'Euro-2016, Hodgson compte désormais autant de partisans que de détracteurs. Mais aura-t-il la moelle pour passer outre?

- Comprendre et apprendre -

"On n'apprend jamais rien, a grogné l'ex-international Chris Waddle. Il ne suffit pas de mettre les 11 meilleurs".

L'Angleterre a misé pendant des années sur sa génération dorée et les Beckham ou Terry ne lui ont rien apporté.

Au milieu, Cole a été laissé de côté juste avant le Mondial et cela doit maintenant être le tour de Gerrard et Lampard, deux milieux qui ont fait autant de bien que de mal à l'Angleterre toutes ces années en se marchant dessus.

Cette Angleterre-là a du talent devant, mais elle est faiblissime derrière quoi qu'en dise le latéral gauche Leighton Baines qui ne la voit pas comme "un maillon faible".

Lui comme son partenaire d'Everton Phil Jagielka n'ont jamais disputé un match de Ligue des champions.

Quand au "petit dernier" de la bande, Gary Cahill, il a déjà 28 ans.

Le constat, c'est que l'Angleterre manque cruellement d'un talent homogène et de culture tactique.

L'Italie et l'Uruguay, deux nations passées maître dans l'art de sanctionner les erreurs de l'adversaire, ont pris un malin plaisir à le lui rappeler.

"Après l'égalisation, il fallait être un petit peu plus intelligent et fermer un peu le jeu, a reconnu Gerrard, pourtant incapable d'enrayer la chute de son équipe. Peut-être qu'accepter de repartir avec un point aurait été la bonne option".

Au lieu de ça, naïvement, l'Angleterre a continué à attaquer. Comme toujours.

- Réformer -

Autant de maux qui doivent donner envie à l'Angleterre d'aller plus loin et plus vite dans les réformes engagées par la FA.

"Je ne suis pas en colère, juste fatigué de ressasser les mêmes problèmes. Le problème, c'est la Premier League. C'est un produit qui se vend bien à travers le monde, c'est agréable mais ça ne rend pas meilleurs nos joueurs", a véhément rappelé encore Waddle.

"Vous savez ce qui rend ce championnat excitant? Les joueurs étrangers. Et nos joueurs sont largement surcotés", a-t-il poursuivi.

"Comment est-ce qu'on gagne des matches? On repart de derrière, vous vous organisez. Et si vous avez 2-3 joueurs créatifs, vous construisez autour d'eux. Et là vous êtes équilibrés", a-t-il détaillé.

La Fédération anglaise a donc préconisé d'introduire les réserves des grands clubs en 5e division et limiter les visas accordés aux étrangers pour permettre aux jeunes Anglais de percer et améliorer le niveau de l'équipe nationale.

C'est une réforme qui, bien faite, portera ses fruits mais qui prendra du temps.

Mais évidemment le puissant championnat freine autant qu'il peut.

Si ce pays aime donc son équipe nationale comme il le clame, il doit avoir le courage de passer en force.

cd/dhe/jta

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