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Loi anti-homosexualité: l'Ouganda minimise l'impact des sanctions américaines

20/06/2014 04:32 EDT | Actualisé 19/08/2014 05:12 EDT

L'Ouganda a affirmé vendredi que les sanctions prises par les Etats-Unis après l'adoption d'une loi réprimant l'homosexualité auraient peu d'impact, et a démenti que cette loi ait entraîné une hausse des violences anti-gays.

"Nous ne pouvons pas forcer les Américains à nous donner leur argent", a déclaré à l'AFP le porte-parole du gouvernement ougandais, Ofwono Opondo.

"Les Ougandais savent maintenant qu'ils sont de moins en moins dépendants de l'aide des donateurs", ils ont appris à "payer (leurs) factures", a-t-il ajouté.

Les Etats-Unis ont pris jeudi des sanctions contre l'Ouganda, décidant notamment la suspension du financement de programmes destinés au gouvernement, en réaction à une loi - jugée "infâme" par Washington - réprimant l'homosexualité.

Cette loi, adoptée en février par Kampala et qui a soulevé un tollé en Occident, réprime la "promotion de l'homosexualité" et oblige à dénoncer des homosexuels.

Parmi les sanctions prises par le département d'Etat américain, figurent aussi des interdictions de visas pour des "responsables ougandais impliqués dans de graves violations des droits de l'Homme", notamment contre les gays.

Des ONG ont affirmé que la loi ougandaise avait entraîné une forte hausse des violences visant les personnes LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels et transsexuels).

Human Rights Watch et Amnesty International déclaraient, dans un rapport conjoint en mai, que le durcissement de la législation réprimant l'homosexualité en Ouganda avait provoqué "une hausse des violations des droits" des homosexuels, arbitrairement arrêtés, licenciés, expulsés de chez eux et agressés.

"Au moins une personne transgenre a été tuée depuis que la loi a été promulguée, un crime qui semble motivé par la haine", écrivaient les deux ONG.

Mais le gouvernement ougandais a rejeté vendredi ces accusations, assurant n'avoir reçu "aucune plainte" ni "la moindre information faisant état d'une personne gay qui aurait été intimidée ou harcelée".

"Concernant les sanctions visant des officiels ougandais qui auraient intimidé des lesbiennes ou des gays, que (les Américains) ne soient pas lâches et qu'ils rendent publiques leurs informations sur ceux qui seraient impliqués", a ajouté le porte-parole Ofwono Opondo.

Il a également minimisé l'impact des interdictions de visas annoncées par Washington.

A l'heure des "cybertechnologies modernes", "nous ne pensons pas qu'ils soit essentiel pour les Ougandais de voyager en Amérique ou dans n'importe quel autre pays", a-t-il dit.

Près des trois quarts des pays d'Afrique disposent de législations interdisant ou réprimant l'homosexualité, souvent héritées des lois coloniales.

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