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Liberia: par peur d'Ebola, des patients fuient un hôpital public de Monrovia

20/06/2014 03:25 EDT | Actualisé 20/08/2014 05:12 EDT

Des malades n'osent plus se rendre dans un hôpital de Monrovia par peur de l'Ebola après le décès d'une infirmière qui y soignait une patiente contaminée par ce virus hautement contagieux et à fort taux de mortalité, selon des sources concordantes vendredi.

Un journaliste de l'AFP qui s'est rendu vendredi après-midi dans l'hopital public Redemption situé à New Kru Town, dans la banlieue nord-ouest de la capitale du Liberia, a constaté que l'établissement était quasi désert.

Patricia Wesseh, une riveraine, a affirmé à l'AFP que depuis l'annonce de ce décès, survenu la semaine dernière, l'hôpital est déserté par les malades et leurs familles mais aussi par une partie du personnel. La patiente d'Ebola avec laquelle l'infirmière a été en contact est également morte.

Les malades qui y étaient admis "sont partis pour d'autres centres de santé parce que les infirmiers avaient tous quitté l'hôpital suite à la mort de leur collègue", a expliqué Mme Wesseh. Selon elle, un membre de sa propre famille qui était traité sur place pour un paludisme a préféré aller dans une clinique privée.

Ahmed Fofana, un habitant de Monrovia, a déclaré que lui-même et sa famille ne veulent toujours pas retourner à l'hôpital Redemption, où ils avaient l'habitude de se rendre jusqu'à la semaine dernière. Selon lui, son frère malade a choisi d'aller se faire soigner dans un établissement différent.

Selon un bilan communiqué mercredi par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), au total 33 cas de fièvre hémorragique dont 24 mortels ont été enregistrés au Liberia, notamment dans les comtés de Lofa, Margibi (nord-ouest), et Nimba (nord). Sur les 33 cas de fièvre, 18 ont été confirmés comme étant dus à l'Ebola.

Les autorités libériennes ont reconnu une baisse de la fréquentation de l'hôpital Redemption en lien avec le décès de l'infirmière. Cette mort a suscité la peur au sein du personnel médical, a indiqué vendredi le vice-ministre libérien de la Santé, Tolbert Nyensuah, lors d'une conférence de presse.

"Les infirmiers étaient traumatisés quand l'infirmière est morte. Nous avons tout fait pour les encourager à reprendre le travail mais ils avaient peur et ne voulaient plus s'approcher des patients", a-t-il affirmé.

Vendredi à Monrovia, aucun dispositif sanitaire particulier n'était visible dans les rues dans le cadre de la prévention. Mais un responsable au ministère libérien de la Santé, le Dr Burnice Dahn, a assuré à l'AFP que des dispositions pour l'accueil de malades et leur isolement ont été prises dans quatre hôpitaux de référence de Monrovia: Redemption, JFK et Benson (public) ainsi que Catholic Hospital (privé).

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