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Liban: attentat meurtrier contre un checkpoint avant le passage d'un général

20/06/2014 11:01 EDT | Actualisé 20/08/2014 05:12 EDT

Un attentat suicide contre un poste de contrôle dans l'est du Liban a fait un mort vendredi, peu avant le passage du convoi du directeur de la Sûreté générale, un proche du Hezbollah, mouvement engagé dans le conflit syrien.

De l'autre côté de la frontière, au moins 35 personnes ont été tuées et des dizaines d'autres blessées dans l'explosion d'un camion piégé dans le centre de la Syrie, où les violences ne connaissent pas de répit.

"J'étais sur la route (...) et l'explosion a retenti alors que je n'étais qu'à 200 mètres" du poste de contrôle à Dahr al-Baydar, a raconté le directeur de la Sûreté, le général Abbas Ibrahim, à la chaîne de télévision privée libanaise LBC, refusant de dire s'il était spécifiquement visé.

Le puissant général est un proche du mouvement Hezbollah, dont des troupes combattent au côté de l'armée de Bachar al-Assad en Syrie. A la télévision, il a précisé recevoir "constamment" des menaces, et que les dernières en date étaient particulièrement "inquiétantes".

L'attaque, un attentat suicide à la voiture piégée, a touché un poste de contrôle des forces de sécurité intérieures (FSI), tuant l'un de leurs membres et blessant 32 personnes, selon des sources de sécurité. Il s'agit du premier attentat depuis mars au Liban.

Selon le procureur général militaire Saqr Saqr, qui s'est rendu sur les lieux, dans la province de la Békaa frontalière de la Syrie, de 25 à 30 kilos d'explosifs ont été activés.

L'attentat n'a pas encore été revendiqué, mais les FSI ont indiqué avoir arrêté 17 personnes "de différentes nationalités" après un raid dans deux hôtels de Beyrouth. Cette opération et l'attentat sont liés, a reconnu M. Ibrahim.

Les FSI ont également expliqué qu'il surveillaient le kamikaze, et que ce dernier, se rendant compte qu'il était suivi, avait fait demi-tour alors qu'il approchait de Beyrouth et avait fait exploser sa charge au poste de contrôle.

Plusieurs routes on été fermées à Beyrouth et des barrières ont été installées autour du ministère de l'Intérieur. Le dispositif de sécurité a été renforcé autour de sièges des services de sécurité, de la route de l'aéroport et du siège du président du Parlement, Nabih Berri.

Le mouvement chiite Amal, présidé par M. Berri, a annulé à la suite d'informations de sécurité un congrès prévu vendredi à Beyrouth.

- 'Pas sur une île' -

Ces précautions ont été prises de crainte de nouvelles attaques, a indiqué une source de sécurité.

L'ambassade américaine à Beyrouth et l'ONU ont condamné l'attentat, tandis que l'ambassade de France a demandé à ses ressortissants d'éviter tout déplacement inutile vendredi.

A la télévision, le général Ibrahim a fait le lien avec la situation en Irak, où des insurgés sunnites ont lancé une vaste offensive, et a assuré que le Liban était menacé.

"Nous ne vivons pas sur une île, et ce qui se passe dans n'importe quel pays de la région aura nécessairement un impact sur la région toute entière", a ajouté le général.

Petit pays resté pendant 30 ans sous le joug de son voisin syrien, le Liban, dont les institutions politiques sont en crise, est extrêmement perméable aux conflits régionaux, au premier rang desquels la Syrie.

L'impact du conflit syrien y est énorme: le pays accueille plus d'un million de réfugiés, et de nombreuses attaques ont eu lieu sur son territoire, en particulier dans les zones dominées par le Hezbollah.

Dans le même temps à Al-Horra, un village de la province de Hama dans le centre de la Syrie, au moins 35 personnes sont mortes et plus de 50 ont été blessées quand des "terroristes ont fait exploser un camion rempli de près de trois tonnes d'explosifs" a rapporté l'agence officielle Sana.

L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) a fait état de son côté de 38 morts, dont des civils et des membres des forces de sécurité, et de plus de 40 blessés dans l'attentat.

Le Front islamique, une coalition de rebelles islamistes qui luttent pour renverser le régime, a revendiqué l'attaque en précisant que les explosifs avaient été actionnés à distance et visaient des "rassemblements de miliciens d'Assad".

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