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Les États-Unis imposent de nouvelles sanctions contre des Ukrainiens

20/06/2014 04:58 EDT | Actualisé 20/08/2014 05:12 EDT

WASHINGTON - Les États-Unis ont imposé vendredi de nouvelles sanctions contre des séparatistes ukrainiens, y compris des maires, des gouverneurs et des commandants rebelles autoproclamés dans des villes assiégées, pour avoir refusé de céder le pouvoir au gouvernement central de Kiev.

Ces sanctions de nature économique servent d'avertissement de la part de Washington, alors que les troupes russes sont revenues à la frontière entre les deux pays, dans ce qu'un responsable américain a qualifié de nouvelle tentative d'accroître l'escalade d'une situation déjà tendue.

Selon ce responsable, l'Occident est toujours prêt à imposer des sanctions plus sévères à divers secteurs de l'économie russe pour punir Moscou d'avoir incité à la rébellion en Ukraine depuis qu'un nouveau gouvernement a expulsé le président prorusse en février.

Des responsables américains et européens discuteront de la possibilité de sanctions supplémentaires lors de plusieurs réunions prévues la semaine prochaine.

Le président Barack Obama a d'ailleurs discuté vendredi, avec ses homologues allemand et français, de la possibilité d'imposer de nouvelles sanctions à Moscou. M. Obama a eu une conversation téléphonique avec la chancelière allemande Angela Merkel et, séparément, avec le président français François Hollande.

Selon la Maison-Blanche, les trois leaders ont favorablement accueilli l'annonce d'un cessez-le-feu unilatéral de la part du président ukrainien Petro Porochenko.

Aux dires des trois dirigeants, la Russie doit retirer ses troupes de la frontière ukrainienne et travailler avec les séparatistes pour les convaincre de déposer les armes. Les États-Unis accusent la Russie de fournir des chars d'assaut et des armes lourdes aux séparatistes pro-russes.

Toujours selon la Maison-Blanche, si le Kremlin ne pose pas immédiatement des gestes pour calmer les tensions en Ukraine, les États-Unis et l'Europe imposeront d'autres sanctions à la Russie.

Jusqu'à maintenant, Washington a imposé des sanctions contre 71 personnes et entités, y compris en Russie, pour leurs actions visant à déstabiliser l'Ukraine.

Pour le porte-parole de la Maison-Blanche Josh Earnest, les informations voulant que des troupes russes soient de retour près de la frontière sont «troublantes».

«Nous n'accepterons aucune utilisation des forces militaires russes, sous aucun prétexte, dans l'est de l'Ukraine», a-t-il dit.

Les sanctions imposées vendredi viennent geler tous les biens que sept séparatistes possèdent aux États-Unis, et interdit à toute entreprise ou firme américaine de faire affaire avec eux. Il s'agit d'une pénalité relativement mineure contre les séparatistes eux-mêmes, mais démontre que les États-Unis sont prêts à aller de l'avant avec d'autres sanctions si les tensions reprennent.

Dans une déclaration par voie de communiqué, le département américain du Trésor précise que les sanctions pénalisent des leaders séparatistes, dont l'homme s'étant proclamé «maire du peuple» de la ville de Slaviansk (est) après avoir mené un groupe s'étant emparé du gouvernement local en avril; son collègue supposément «commandant en chef de la République populaire de Donestk», et un troisième individu s'étant affublé du titre de «président de Novorossiya» — le terme prorusse du Sud-Est ukrainien.

Le mois dernier, dans une présumée tentative d'apaiser les tensions en Ukraine, le président russe Vladimir Poutine a retiré la majorité de ses quelque 40 000 militaires massés près de la frontière. Ceux-ci semblent être revenus au cours de la dernière semaine. Un responsable américain parle d'une accumulation de chars, d'artillerie lourde, de camions-citernes et de véhicules de soutien qui semblent se diriger vers la frontière. Selon ce responsable, les séparatistes ukrainiens ont été aidés par des forces spéciales russes, en plus de recevoir des lance-missiles et des chars.

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