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La France appelle l'Irak à se doter d'un gouvernement d'union nationale "avec ou sans Maliki"

20/06/2014 03:18 EDT | Actualisé 19/08/2014 05:12 EDT

La France souhaite que l'Irak se dote d'un gouvernement d'union nationale, "avec ou sans" le chiite Nouri al-Maliki, a déclaré vendredi le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius.

"Il faut qu'il y ait un gouvernement d'union nationale", a souligné le ministre, interrogé par le groupe médias BFM-RMC. "Avec ou sans M. Maliki", a-t-il ajouté, en soulignant que la situation en Irak était d'une "extrême gravité". "Si vous voulez résister à des groupes terroristes, il faut l'unité nationale", a-t-il insisté. Non seulement M. Maliki n'a jamais voulu s'allier avec les tribus sunnites mais "il les a de manière très inopportune poursuivies", a-t-il regretté.

L'entourage de Laurent Fabius a ensuite tenu à préciser sur les propos visant Nouri al-Maliki que "le ministre avait simplement voulu dire qu'il ne s'agissait pas d'une question de personne et que c'était le seul sens des termes +avec ou sans Maliki+".

"C'est la première fois qu'un groupe terroriste (les jihadistes de l'Etat islamique en Irak et au Levant, EIIL) menace de prendre le contrôle sur un Etat" riche en pétrole, a ajouté sur BFM le chef de la diplomatie. "Ce serait un danger considérable".

Cela voudrait dire "que non seulement l'Irak va éclater (...) que non seulement l'Irak est à feu et à sang mais l'ensemble de la région et par contre-coup l'Europe et vraisemblablement le monde" seront touchés, a aussi fait valoir Laurent Fabius.

Interrogé sur une éventuelle intervention militaire, le ministre ne l'a pas exclue à condition qu'elle soit relayée par un Irak uni. Son entourage a souligné par la suite que pour le ministre "l'option militaire n'avait pas de sens sans solution politique". La priorité reste "un gouvernement d'union nationale et une solution politique", a-t-on insisté de même source.

La France pourrait participer à une action armée sous la double condition que l'Irak le demande et que ce soit approuvé par l'ONU, a précisé sur BFM le ministre, relevant que "ce n'était pas du tout le cas aujourd'hui".

Un nouveau texte législatif est en préparation en France pour interdire un départ de jihadistes vers des zones de conflit, a enfin indiqué Laurent Fabius sans autre précision.

Le gouvernement Maliki, au pouvoir depuis 2006, est miné par les divisions confessionnelles et confronté à des violences meurtrières depuis plus d'un an, alimentées par le mécontentement de la minorité sunnite et la guerre en Syrie voisine où l'EIIL est aussi actif.

L'EIIL a pris la deuxième ville d'Irak, Mossoul, une grande partie de sa province Ninive (nord), de Tikrit et d'autres secteurs des provinces de Salaheddine (nord), Diyala (est) et Kirkouk (nord).

prh/alc/pt

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