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Implication du Hamas dans le rapt d'Israéliens: Netanyahu "doit mettre les preuves sur la table" (ministre palestinien)

20/06/2014 06:28 EDT | Actualisé 20/08/2014 05:12 EDT

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui accuse le Hamas d'être derrière l'enlèvement de trois jeunes Israéliens en Cisjordanie, "doit mettre les preuves sur la table", a martelé vendredi le ministre palestinien des Affaires étrangères, réaffirmant que l'Autorité palestinienne n'avait "aucune idée" sur les auteurs du kidnapping.

"Si Netanyahu a des preuves, il doit les mettre sur la table. Mais tant qu'on ne voit pas les preuves, on ne peut accuser personne", a déclaré à l'AFP Riyad al-Malki, en marge d'un colloque à Paris sur les partenariats euro-méditerranéens organisé au Sénat français.

"Si l'on venait à savoir que le Hamas est impliqué, bien sûr que le gouvernement de consensus palestinien serait menacé", a toutefois admis M. al-Malki. "Nous n'allons pas tolérer et accepter le fait que le Hamas utilise le gouvernement de réconciliation pour faire exploser l'intérêt national du peuple palestinien", a-t-il ajouté.

Trois jeunes étudiants juifs ont disparu le 12 juin près du Goush Etzion, un bloc de colonies situé en zone entièrement sous contrôle israélien en Cisjordanie occupée. Aucune revendication de l'enlèvement n'a été faite.

Israël, qui répète sa "certitude" que le mouvement islamiste Hamas est responsable, a répliqué en lançant son plus important déploiement en Cisjordanie depuis la fin de la deuxième Intifada en 2005, et en arrêtant près de 300 Palestiniens. Deux jeunes Palestiniens ont été tués depuis lundi lors d'affrontements avec l'armée israélienne en Cisjordanie.

"La réaction israélienne va au-delà de toute logique et je suis furieux de l'absence de réaction de la communauté internationale", a lancé M. al-Malki. "Trois jeunes ont disparu mais en échange l'armée israélienne a kidnappé 300 Palestiniens, a détruit plus de 150 maisons palestiniennes, a mené des incursions dans les villes, villages et camps de réfugiés palestiniens", s'est-il indigné.

"Si les Israéliens veulent nous entraîner dans la confrontation, nous ferons tout notre possible, en tant que gouvernement, pour réfréner la réaction palestinienne. Israël veut nous entraîner dans la confrontation car elle peut nous détruire militairement en 5 minutes. Nous serions stupides de nous mettre dans cette situation suicidaire, nous n'allons pas leur donner cette folle excuse", a assuré le ministre palestinien.

Le président palestinien Mahmoud Abbas a accusé mercredi les responsables de l'enlèvement des trois jeunes, sans jamais citer quiconque, de "vouloir détruire les Palestiniens" et s'est prononcé en faveur d'une coordination sécuritaire avec les Israéliens, provoquant la fureur du Hamas.

Le mouvement islamiste palestinien, qui contrôlait depuis 2007 la bande de Gaza, et l'Organisation de Libération de la Palestine (OLP), présidée par M. Abbas et où le Fatah est majoritaire, ont conclu fin avril un accord de réconciliation qui a donné naissance le 2 juin à un gouvernement d'union composé de personnalités indépendantes.

Ce gouvernement avait été bien accueilli par la communauté internationale, au grand dam d'Israël qui réclame la dissolution de l'alliance entre M. Abbas et "l'organisation terroriste Hamas".

"Je pourrais accuser M. Netanyahu d'avoir comploté ceci (l'enlèvement des trois jeunes) pour miner la crédibilité palestinienne, mais je ne peux pas le prouver donc je ne vais pas en parler", a lancé M. al-Malki, en réponse aux accusations du Premier ministre israélien contre le Hamas.

cf/prh/fw

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