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Battir, symbole du patrimoine palestinien et de la barrière en Cisjordanie

20/06/2014 01:13 EDT | Actualisé 20/08/2014 05:12 EDT

Site emblématique du patrimoine palestinien, Battir, célèbre pour son antique système d'irrigation romain et ses terrasses agricoles, est menacé par le tracé de la barrière israélienne en Cisjordanie, baptisée "mur de l'apartheid" par ses détracteurs.

Déclaré "patrimoine mondial en péril", a annoncé vendredi à Doha le Comité de l'Unesco, ce site abrite un système d'irrigation remontant à près de 2.500 ans.

Saisie d'un recours contre le tracé de la barrière à Battir la Haute Cour de Justice israélienne a demandé en février au ministère de la Défense de justifier sa décision de la faire passer sur les terres du village, au sud-ouest de Jérusalem.

Une confirmation du tracé prévu "serait catastrophique, non seulement pour les Palestiniens, mais aussi pour ce site du patrimoine mondial", avait prévenu le maire de Battir, Akram Badr.

Mais le ministère israélien de la Défense a affirmé que "sa mission première et fondamentale était d'assurer la sécurité des citoyens d'Israël", ajoutant que le tracé initial de la barrière avait été modifié et que "seule la première rangée de terrasses serait partiellement affectée".

L'édification de cette barrière, baptisée "clôture de sécurité" par Israël et "mur de l'apartheid" par les Palestiniens, a commencé en 2002 à la suite d'une vague d'attentats palestiniens.

Achevée aux deux tiers, elle doit atteindre à terme environ 712 km. Elle se trouve à 85% en Cisjordanie, isolant 9,4% du territoire palestinien, dont Jérusalem-Est occupé et annexé, selon l'ONU.

La Cour internationale de justice (CIJ) a jugé le 9 juillet 2004 sa construction illégale et exigé son démantèlement, de même que l'Assemblée générale de l'ONU.

Composé selon les endroits de barbelés, de fossés, de routes, de clôtures électroniques et de murs de béton, cet ouvrage serpente à travers tout le territoire palestinien.

A Bethléem, couverte de graffitis politiques et de peintures de "street art", la barrière est devenue un lieu de pèlerinage pour militants du monde entier.

Dans l'image la plus marquante de son premier pèlerinage en Terre sainte en mai, le pape François avait posé ses mains et son front sur le mur, haut de 9 mètres.

bur-dar-sst/cbo

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