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Abus de confiance et fraude: l'UPAC arrête deux hommes, dont un employé du ministère de la Sécurité publique

20/06/2014 08:45 EDT | Actualisé 20/08/2014 05:12 EDT
Shutterstock / pryzmat

QUÉBEC - Deux hommes, dont le directeur général des technologies de l'information au ministère de la Sécurité publique, Abdelaziz Younsi, ont été arrêtés par des agents de l'Unité permanente anticorruption (UPAC), soupçonnés d'avoir mis en place un stratagème frauduleux facilitant l'octroi d'un contrat informatique.

La valeur de ce contrat est supérieure à 3,3 millions $, selon ce qu'affirme l'UPAC. En échange de l'obtention de ce contrat, le fonctionnaire aurait reçu des avantages pécuniaires. La valeur de la fraude serait d'environ 400 000 $.

M. Younsi est notamment accusé d'abus de confiance, de fraude, de fabrication de faux et d'avoir frustré le ministère de la Sécurité publique lors de l'octroi d'un contrat d'approvisionnement de micro-ordinateurs. Il a été relevé de ses fonctions sur-le-champ.

L'autre individu arrêté, Mohamed El Khayat, fait face aux mêmes chefs d'accusation que son complice présumé.

M. El Khayat fait partie des dirigeants de l'entreprise EBR informatique, qui compte notamment parmi ses clients le ministère de la Sécurité publique, le Secrétariat du Conseil du trésor, Revenu Québec, le ministère de la Justice et le ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport, selon son site Web.

L'homme d'affaires d'origine marocaine a fait l'objet de plusieurs articles élogieux dans les médias au cours des dernières années. Certains le présentent comme un «modèle d'intégration» et de réussite.

La ministre de la Sécurité publique, Lise Thériault, a signalé que ces arrestations avaient été rendues possibles à la suite d'une dénonciation provenant de l'interne. Une enquête baptisée Majorat avait alors été initiée.

Saluant le travail de l'UPAC, elle a plaidé que ces arrestations montraient bien que «personne n'est au-dessus des lois» et invité les sonneurs d'alarme à continuer de se manifester lorsqu'ils sont témoins d'actes répréhensibles.

«Très souvent, les gens voient et savent, ils ont de l'information, ils n'osent pas dénoncer, mais moi je vais inviter tous les gens à dénoncer, que ce soit des fonctionnaires, que ce soit d'autres personnes dans d'autres fonctions, lorsqu'ils sont témoins d'actes qui peuvent être répréhensibles», a-t-elle dit vendredi matin en marge de l'étude des crédits budgétaires à l'Assemblée nationale.

Mme Thériault a par ailleurs voulu se montrer rassurante en soulignant que la confidentialité des renseignements que détient le ministère n'a pas été compromise.

«La personne qui a été arrêtée ne détenait pas un accès privilégié à de l'information sensible au niveau du ministère», a-t-elle assuré, ajoutant que les codes d'accès connus d'Abdelaziz Younsi lui avaient été retirés dès qu'il a été épinglé.

Abdelaziz Younsi et Mohamed El Khayat comparaîtront au tribunal le 8 septembre prochain, au palais de justice de Québec.

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