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USA et Allemagne appellent à plus d'investissements pour la croissance

19/06/2014 08:50 EDT | Actualisé 19/08/2014 05:12 EDT

Le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble et le secrétaire américain au Trésor Jacob Lew ont jugé nécessaire, jeudi à Berlin, d'accroître l'investissement pour soutenir une reprise économique encore fragile des deux côtés de l'Atlantique.

"Davantage peut être fait tant aux Etats-Unis qu'en Europe pour renforcer la croissance et la création d'emplois, particulièrement en matière d'efforts pour stimuler les investissements publics et privés", a déclaré Jacob Lew, de passage à Berlin, après s'être rendu en Israël, en Arabie Saoudite et dans les Emirats arabes unis.

De son côté, son homologue allemand, conservateur et grand défenseur de l'orthodoxie budgétaire, a souligné le besoin de "beaucoup plus d'investissements privés", notamment dans les infrastructures.

Les deux ministres ont également indiqué qu'ils "sont d'accord sur l'importance de continuer les négociations pour arriver à un accord" sur le traité de libre-échange entre l'Union européenne et les Etats-Unis (TTIP), en discussion depuis l'été 2013.

Si les premières visites de Jacob Lew en Allemagne avaient été marquées par des demandes pressantes à l'Allemagne de s'éloigner un peu de son credo de l'assainissement budgétaire pour davantage stimuler la croissance, les deux responsables ont tenu jeudi à se montrer sur la même longueur d'onde.

"Nous continuons à penser qu'il y a un problème de demande dans le monde et à croire que les politiques permettant de renforcer la demande seraient utiles, mais nous sommes d'accord sur le besoin d'un équilibre entre démarches à court terme et démarches à long terme", a déclaré M. Lew.

Alors que l'Europe peine à sortir de la crise et à retrouver une croissance permettant de créer des emplois, le débat fait rage entre les tenants d'un assouplisssement temporaire de la discipline budgétaire pour donner un coup de fouet à l'économie européenne et ceux qui prônent une poursuite de l'assainissement des finances publiques.

En déplacement en France lundi, le vice-chancelier social-démocrate allemand Sigmar Gabriel a jeté un pavé dans la mare en plaidant pour que les pays qui ont la volonté de mener des réformes en profondeur puissent jouir d'un délai supplémentaire avant de devoir respecter la règle européenne d'un déficit public inférieur à 3% du Produit intérieur brut.

La chancelière Angela Merkel a rapidement recadré son ministre de l'Economie, accusé de participer avec la France et l'Italie à un front social-démocrate contre la politique économique en cours en Europe, et le gouvernement avait insisté mercredi sur son unanimité à s'en tenir aux règles actuelles.

Wolfgang Schäuble n'a pas manqué jeudi d'affirmer à son tour que "le pacte de stabilité a suffisamment de flexibilité".

Avec la fin de la récession en zone euro, "nous avons pu montrer que cette politique européenne de stabilisation marchait", a-t-il déclaré.

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