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Une famille de réfugiés syriens demande à Ottawa d'ouvrir plus grand ses portes

19/06/2014 06:00 EDT | Actualisé 19/08/2014 05:12 EDT

OTTAWA - L'expérience d'une famille de réfugiés syriens fraîchement arrivée au Canada donne raison au ministre de la Citoyenneté et de l'Immigration, qui blâme le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) pour la lenteur du processus d'accueil des réfugiés syriens au Canada.

«Je vous ai dit que le Haut Commissariat n'a réétabli que 1600 réfugiés syriens dans le monde entier, dans 16 différents pays, dont le Canada», a déclaré le ministre Chris Alexander, visiblement irrité, alors qu'on l'interrogeait encore une fois sur ce dossier.

Depuis des mois, Ottawa refuse de dire combien de réfugiés syriens sont arrivés au pays depuis l'engagement du Canada d'en accueillir 1300.

La famille Al Dandashi a quitté la Syrie en avril 2012, s'est installée au Liban et s'est inscrite auprès du Haut Commissariat.

C'est seulement en janvier 2014 que son dossier a été présenté au Canada. Une semaine plus tard, l'ambassade canadienne à Beyrouth contactait les Al Dandashi. Et il y a deux semaines, la famille de cinq personnes arrivait à Laval.

Jasem et Souhad Al Dandashi ont raconté leur aventure jeudi, à la veille de la Journée mondiale des réfugiés, pour remercier le Canada et pour lui enjoindre d'ouvrir plus grand ses portes.

«Les démarches n'ont pas été trop longues», a commencé par dire le père de famille. Il n'avait que de bons mots pour le gouvernement canadien qui, a-t-il dit, lui a rendu son «honneur».

La famille a parlé des conditions de vie difficiles au Liban, où la situation n'était pas sûre non plus, a déploré Souhad, qui s'inquiétait pour l'avenir de ses trois fils aujourd'hui âgés de 23, 21 et 13 ans.

Mohamed, l'aîné des trois garçons, a dit avoir été emprisonné pendant 40 jours en Syrie. Il a aussi affirmé avoir été torturé.

«Maintenant, je regarde devant et je vois, si Dieu le veut, un avenir comme j'ai rêvé pour eux», a dit Souhad en parlant de ses enfants.

Puis, elle a parlé de ceux qu'elle a laissés derrière.

«Notre espoir aujourd'hui, notre demande au gouvernement canadien, c'est qu'il ouvre à d'autres que nous, comme il nous a ouvert à nous, son coeur.»

D'ici la fin de l'année, Ottawa s'est engagé à parrainer 200 réfugiés placés sous la protection des Nations unies et à permettre le parrainage privé de 1100 autres, portant le total à 1300.

Depuis cet engagement, des groupes d'aide aux réfugiés reprochent à Ottawa d'agir trop lentement dans les dossiers que le gouvernement parraine et de fixer des conditions trop lourdes pour les parrainages privés.

Accompagnant la famille Al Dandashi jeudi, le porte-parole du Conseil syro-canadien a retiré sa première critique mais a maintenu la seconde. Faisal Alazem a encore une fois demandé au gouvernement canadien de répondre à la demande faite le mois dernier par le HCR d'accueillir 5000 réfugiés de plus.

«La critique que j'ai et que le conseil et que la communauté a, c'est que le nombre de réfugiés est extrêmement petit. Deux cents est un nombre très bas, surtout que c'est la plus grande crise de réfugiés que le Levant, que toute la planète même, a vue», a déclaré M. Alazem.

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