NOUVELLES

Route du Rhum: quel culot et quel talent ce jeune Paul Hignard!

19/06/2014 07:32 EDT | Actualisé 19/08/2014 05:12 EDT

Paul Hignard, 18 ans seulement, cumule ses obligations de lycéen et celles de jeune entrepreneur avec une seule idée en tête: prendre le départ de la Route du Rhum le 2 novembre, un projet pour lequel il a réuni plus de 250.000 euros.

Gueule d'ange, détermination sans limite et culot monstre: tels sont les principaux ingrédients de la recette du jeune Breton, assurément le plus jeune de la centaine de concurrents dans la mythique transatlantique. Remarquable, pour une course aussi relevée.

"La Route du Rhum c'est le projet +ouffissime+ que l'on veut réussir avec une équipe dont la moyenne d'âge est de 22 ans", explique-t-il à l'AFP.

Tout a vraiment commencé quand il avait 15 ans. Ce natif de Rennes, exilé à Saint-Malo depuis 4 ans, était sur l'eau. Il regardait partir les concurrents de la Route du Rhum: "J'ai toujours encore plein d'images dans la tête".

En juillet dernier, il fomente son projet, en trois jours, secondé par son meilleur ami et moniteur de voile, Augustin Drion. Et sans en parler à ses parents, qu'il mettra devant le fait accompli deux mois plus tard.

Il évalue à 200.000 euros le budget nécessaire, et démarche d'abord les locaux. Et c'est un véritable succès.

"Je ne sais pas si c'est dû à mon âge mais tout le monde a voulu m'aider. Peut-être parce que j'avais l'âge d'être le fils ou le petit-fils de beaucoup de gens!, sourit-il avec malice. Tous me disent: c'est un truc de fou, fonce, c'est génial, je n'étais pas comme ça à ton âge!"

- '200.000 euros, svp!'

"J'ai beaucoup de partenaires, entre l'imprimeur du coin et le bar qui m'offre mes cafés et des sponsors qui me donnent des milliers d'euros", raconte-t-il, satisfait d'avoir emmené dans son rêve dix sponsors financiers et dix fournisseurs de matériel.

Bien installé dans son époque, il surfe sur les réseaux sociaux et sait que le buzz est l'une des clés de la réussite. Il fait appel à une jeune plateforme de financement participatif, Fosburit. C'est à nouveau un énorme succès: 21.000 euros récoltés en 30 jours, quasiment un record.

Ne lui manque que le sponsor principal, qu'il aurait "a priori" trouvé.

"C'est compliqué, à 18 ans, d'aller voir un chef d'entreprise et lui dire: bon, 200.000 s'il vous plaît!", souligne le lycéen, qui a créé sa société en communication et événementiel, pour gagner en crédibilité.

Le sponsor principal donnera son nom à son bateau, un class40 (monocoque de 12,19 m) de dernière génération (2011) qui l'attend à quai et sur lequel il n'a pas encore navigué.

Et son bateau sera parrainé par un grand "Monsieur" de la voile, Marc Thiercelin, qu'il est allé voir il y a quelques jours, au culot: "Je lui ai proposé d'être mon parrain et moi le sien!"

"On sera sur la même ligne de départ au même moment, le 2 novembre à 13h02 (11h02 GMT), mais bien sûr pas dans la même catégorie".

La ligne de départ, c'est bien la seule chose qui angoisse le Malouin: "C'est beaucoup de bateaux. J'ai une grosse pression".

Professionnel avant l'heure, il a un coach sportif, une ostéopathe, une nutritionniste, une attachée de presse: "Je m'entraîne sportivement trois fois par jour, je prends des cours de météo, je bosse beaucoup. A un moment, faut assumer".

Dont acte.

sc/heg/gv

PLUS:hp