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Présidentielle en Mauritanie: Aziz vante son bilan

19/06/2014 10:02 EDT | Actualisé 19/08/2014 05:12 EDT

Le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz, grand favori à sa réélection, termine jeudi une campagne vantant son bilan économique national et ses succès sécuritaires au plan régional, sans prétendre jouer le médiateur au Mali.

Avant un dernier grand meeting jeudi soir à Nouakchott à l'avant-veille du scrutin présidentiel de samedi, il se trouvait dans sa ville natale d'Akjoujt, à 250 km au nord-est de la capitale.

Devant plusieurs milliers de partisans, sous une chaleur accablante et vêtu d'une tenue traditionnelle d'un blanc éclatant, il a fustigé ses principaux opposants qui ont appelé à boycotter l'élection pour ne pas cautionner son "régime dictatorial".

"Ces gens (les opposants) ont mis à genoux le pays et que la scène politique soit débarrassée d'eux, c'est une bonne chose", a-t-il lancé, en insistant ensuite sur "son bilan assez probant" en matière de sécurité et de développement.

"Nous avons une armée qui compte parmi les plus fortes de la région", a affirmé l'ancien général de 57 ans arrivé au pouvoir par un putsch en 2008, avant de se faire élire un an plus tard pour un premier mandat de cinq ans.

Une armée qui n'a cessé de se renforcer sous son régime et qui peut se targuer d'avoir éliminé en six ans les groupes jihadistes qui sévissaient activement en Mauritanie.

"Economiquement, la pauvreté régresse remarquablement, nos réserves à l'extérieur dépassent le milliard de dollars contre 300.000 dollars (plus de 737 millions d'euros, contre un peu plus 221.000 euros) sous les anciens régimes, le PNB par habitant s'est accru de 43%", a-t-il martelé sous des tonnerres d'applaudissements, énumérant aussi les milliers de kilomètres de routes construites et l'électrification des zones reculées.

Puis, lors d'une conférence de presse tenue tard mercredi soir, le chef de l'Etat, l'air fatigué et le visage grave, a évoqué la situation pour le moins chaotique dans plusieurs pays de la bande sahélo-saharienne, dont le Mali voisin et la Libye.

Au Mali, il a obtenu en mai un accord de cessez-le-feu après une brusque reprise de combats meurtriers entre des groupes armés touareg et arabe et l'armée dans le nord-est du pays. Il a cependant affirmé ne pas avoir "la prétention" de vouloir jouer les médiateurs, déjà nombreux.

"L'action que nous avons eu à mener récemment au Mali est une action ponctuelle qui a visé à obtenir un cessez-le-feu, ce n'est pas un règlement définitif du problème, je n'ai jamais eu la prétention d'être le médiateur dans ce conflit", a-t-il affirmé.

- "Intéressé par tout ce qui se passe" dans le Sahel -

"Je n'ai pas non plus la prétention d'avoir réglé définitivement ce problème (malien), c'était une action que j'ai eu à mener en tant que président de l'Union africaine (UA) et en tant que président d'un Etat voisin du Mali intéressé par tout ce qui se passe dans cette région", a-t-il ajouté.

Néanmoins, il a estimé que l'accord de cessez-le-feu "ouvre aussi la voie à la reprise du dialogue, ce qui a été fait par la suite", notamment en Algérie, un des pays qui, avec d'autres comme le Maroc ou le Burkina Faso, tentent d'obtenir un accord de paix entre la multitude des groupes armés du nord du Mali et le pouvoir de Bamako.

Le président burkinabè Blaise Compaoré est le médiateur de l'Afrique de l'Ouest dans la crise malienne, mais il est contesté par certaines parties au conflit.

Mohamed Ould Abdel Aziz estime cependant que "maintenant, pour une solution définitive et durable de ce problème, il va falloir nécessairement que les Maliens eux-mêmes puissent faire l'effort nécessaire à une solution pacifique, à une paix durable".

"Il y a eu plusieurs accords qui n'ont souvent pas pu aboutir par le passé: j'espère que cette fois-ci, ils y arriveront vu l'importance de l'enjeu, aussi bien pour le Mali que pour toute la région", a-t-il dit.

Pour lui, l'instabilité au Mali et en Libye sont liées. Concernant ce dernier pays, "il faut reconnaître que depuis la révolution, la situation est bien trouble. Des groupes armés y sont actifs, ils sont rejoints par des bandes armées venant du nord du Mali. Tout cela constitue un danger pour toute la région".

Or, selon lui, "l'extrémisme et le terrorisme se nourrissent de l'insécurité et se développent dans l'instabilité".

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