POLITIQUE

Nathalie Normandeau fait des recommandations à la commission Charbonneau

19/06/2014 08:05 EDT | Actualisé 19/08/2014 05:12 EDT
CEIC

Au lendemain de sa comparution devant la commission Charbonneau, Nathalie Normandeau publie un communiqué dans lequel elle fait quatre recommandations à la commission.

Ces recommandations, selon l'ex-ministre libérale, sont susceptibles d'améliorer la transparence et l'imputabilité au sein de l'appareil gouvernemental québécois.

Nathalie Normandeau suggère entre autres d'adopter une nouvelle loi sur le lobbyisme qui obligerait les firmes de génie-conseil à s'inscrire au registre des lobbyistes.

Elle recommande également que les titulaires de charges publiques tiennent une liste de toutes les personnes qu'ils rencontrent dans le cadre de leurs fonctions, et de mettre sur pied une formation obligatoire en éthique pour tous les élus.

Nathalie Normandeau soutient également que le public devrait être mieux informé de l'évolution de tous les contrats publics.

Lors de sa comparution devant la commission Charbonneau, mercredi, l'ex-ministre des Affaires municipales a reconnu que des gens d'affaires peuvent avoir participé à ses cocktails annuels de financement dans l'espoir d'un retour d'ascenseur, mais qu'ils sont toujours retournés bredouilles.

Mme Normandeau assure également qu'elle n'a jamais attribué de contrat à qui que ce soit en échange de financement politique. Elle a aussi soutenu qu'aucune firme de génie-conseil n'a obtenu d'informations privilégiées en échange de financement politique même si certaines d'entre elles ont versé des sommes dans les caisses du parti pendant plusieurs années.

En entrevue à l'antenne d'ICI Première, Nathalie Normandeau s'est réjouie d'avoir eu la chance de pouvoir s'expliquer et défendre sa réputation publiquement devant la commission Charbonneau.

Victime d'un « immense préjudice »

Depuis deux ans, l'ex-ministre libérale affirme être la cible « d'un immense préjudice », son nom ayant été associé à plusieurs reprises à des firmes et des individus accusés de collusion, de corruption et de financement politique illégal.  

Elle a rappelé par ailleurs le principe de la présomption d'innocence voulant qu'on ne puisse condamner quelqu'un sur la base de simples allégations. Ce qui a ruiné, selon elle, la réputation d'un grand nombre de personnes.    

Réitérant qu'elle n'a jamais fait de renvoie d'ascenseur à quiconque lorsqu'elle était ministre des Affaires municipales, Nathalie Normandeau n'écarte pas que des gestes répréhensibles aient pu être commis par des membres de son entourage, à son insu. 

Mme Normandeau se défend par ailleurs d'avoir fait de l'aveuglement volontaire et cela même si son nom a été évoqué plusieurs fois dans des témoignages devant la commission Charbonneau.

En ce qui a trait à son ex-chef de cabinet, Bruno Lortie, qui a affirmé devant la commission Charbonneau avoir organisé pendant sept ans des cocktails de financement annuels de la ministre avec le concours d'amis tel Marc-Yvan Côté de la firme Roche et Christian Côté de Dessau, Mme Normandeau a affirmé ne plus lui parler depuis septembre dernier, précisant au passage qu'elle et lui n'ont jamais eu de « relation d'amitié »­.

Pas de retour en politique

En ce qui a trait à son avenir politique, il semble qu'il n'y en aura pas. Selon ses dires, Mme Normandeau n'a pas l'intention de retourner un jour en politique. « Je ferme la porte », a-t-elle déclaré, précisant que le prix à payer pour ce genre d'engagement est trop élevé.

  

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